Les investissements agricoles privés ont connu une dynamique contrastée en 2025. Selon les données récemment publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), si le nombre de projets a légèrement reculé, leur valeur totale a bondi, portée par une nette amélioration de l’accès au financement bancaire et une envolée des investissements étrangers.
Les services de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) ont approuvé, sur l’ensemble de l’année écoulée, 6513 opérations d’investissement pour un montant total de 547,991 millions de dinars (MD) . Cela représente une progression significative de la valeur investie de 15 % par rapport à 2024, et ce malgré une baisse de 7 % du nombre d’opérations.
Cette croissance en valeur s’explique principalement par l’évolution des sources de financement. Les prêts bancaires accordés aux promoteurs ont bondi de 40 % pour atteindre 155,7 MD, tandis que l’autofinancement a augmenté de 16 % (259,3 MD). À l’inverse, le montant des subventions a légèrement diminué de 7 % pour s’établir à 132,9 MD. Par ailleurs, les prêts fonciers ont permis de couvrir 452 hectares, pour une valeur de 7,4 MD.
La répartition sectorielle révèle des disparités marquées. Si l’agriculture traditionnelle concentre toujours la majorité des investissements avec 275,342 MD (53 % du total), le secteur de l’aquaculture a réalisé un bond spectaculaire, ses investissements étant multipliés par plus de trois pour atteindre 88 MD, contre seulement 25,956 MD en 2024.
Par ailleurs, l’attractivité du secteur auprès des capitaux étrangers s’est nettement renforcée. La valeur de l’Investissement direct étranger (IDE) approuvée a presque triplé, passant de 7,997 MD en 2024 à 20,946 MD à fin 2025.
Sur le plan géographique, la troisième région (regroupant Kairouan, Sousse, Monastir, Mahdia, Kasserine et Siliana) arrive en tête avec 177,8 MD investis, soit 32 % du total. La quatrième région suit avec 24 %, tandis que la deuxième région se distingue par la plus forte progression, avec une augmentation de 48 % de ses investissements.
Ces projets approuvés devraient générer 3 015 emplois directs. Enfin, l’APIA note que les jeunes promoteurs représentent 10 % des investissements (51 MD), devant les femmes promotrices (3,6 % , soit 18,605 MD), tandis que 35 opérations ont été approuvées au profit des entreprises communautaires pour une valeur de 8,9 MD.


