La stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035 a été au centre d’un atelier de travail organisé, ce vendredi, par le ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des séniors à l’Institut supérieur des cadres de l’enfance à Carthage Dermech.
Cette stratégie vise à créer un cadre propice au développement de l’entrepreneuriat féminin en Tunisie et à promouvoir cette culture auprès des femmes afin de garantir leur autonomie économique et de renforcer leur contribution au développement du pays, selon la chargée de la gestion de la Direction générale des affaires de la femme et de la famille, Wedjden Ben Ayed.
Élaborée selon une approche participative associant la majorité des ministères et des intervenants, la stratégie repose sur plusieurs axes principaux, dont le renforcement des compétences entrepreneuriales des femmes tout au long de la vie, la garantie d’un accompagnement global ainsi que la facilitation de l’accès aux financements, a précisé Ben Ayed.
De son côté, l’expert chargé de l’élaboration de cette stratégie, Maher Kassab, a indiqué que le taux de femmes entrepreneures en Tunisie demeure faible, estimé à environ 10 %, contre 20 % au niveau mondial, soulignant que cette stratégie vise à augmenter ce taux.
Il a, par ailleurs, signalé que le taux élevé de femmes diplômées du supérieur en Tunisie s’accompagne paradoxalement d’un taux de chômage important parmi elles, d’où l’importance de mettre en place des mécanismes permettant de valoriser ces compétences féminines afin qu’elles puissent contribuer au développement du pays.
“La stratégie nationale pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin s’inscrit ainsi dans la perspective de relever ce défi”, a-t-il dit.
L’expert a également relevé qu’une grande partie de l’entrepreneuriat féminin s’exerce dans les secteurs informels et marginalisés, ajoutant que cette stratégie vise à attirer ces activités vers le secteur organisé et réglementé, caractérisé par une meilleure qualité et une rentabilité plus élevée.
Pour sa part, la ministre de la famille, de la femme, de l’enfance et des Séniors, Asma Jebri, a souligné que cette stratégie constitue un levier essentiel pour renforcer la contribution de la femme tunisienne aux processus de développement global et durable, à la création de richesse et d’emplois, ainsi qu’au renforcement des capacités économiques du pays dans une approche stratégique et globale.
Elle a expliqué que l’entrepreneuriat féminin revêt une importance majeure en raison de son impact sur l’emploi et le développement économique des pays et des sociétés, compte tenu de ses multiples dimensions, notamment sociales, culturelles, de développement, d’investissement, ainsi qu’économiques et professionnelles.
La ministre a également affirmé que le gouvernement tunisien place l’entrepreneuriat féminin parmi ses priorités nationales, en tant que pilier pour atteindre une croissance inclusive, la justice sociale et l’équilibre régional.
Elle a, à cette occasion, mis l’accent sur la nécessité de passer d’initiatives isolées à une vision nationale stratégique et intégrée capable de répondre aux différents défis auxquels sont confrontées les femmes entrepreneures, notamment l’accès au financement, l’accompagnement et la formation, l’accès aux marchés, ainsi que la simplification des procédures et l’amélioration du climat des affaires.
Elle a souligné que l’investissement dans l’entrepreneuriat féminin ne constitue pas seulement un investissement économique, mais également un investissement dans la stabilité sociale, le développement régional et l’avenir de la Tunisie et de ses générations futures.
Dans ce contexte, la ministre a annoncé l’intention du ministère d’organiser, en novembre 2026, le premier Salon national de l’entrepreneuriat féminin, qui se veut un espace national de rencontre permettant de présenter les expériences des femmes entrepreneures, d’échanger les expertises, de développer des partenariats et de faire connaître les mécanismes de soutien, de financement et d’accompagnement disponibles.
Elle a exprimé l’espoir que ce salon devienne un rendez-vous annuel de référence renforçant la présence des femmes dans le système économique et ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement des projets féminins.
Organisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars de chaque année, l’atelier devrait aboutir à des recommandations pratiques qui contribueront à l’élaboration du plan d’action national qui répond aux besoins des femmes entrepreneures dans les différentes régions et pour les diverses catégories de femmes.


