
Le réveil de la doctrine des “Major Questions”
La décision de la Cour suprême dépasse le simple cadre douanier pour toucher au cœur de la démocratie américaine : la séparation des pouvoirs. Les juges ont été clairs : le Congrès ne peut déléguer un pouvoir aussi fondamental que la levée d’impôts de manière implicite. En s’appuyant sur la loi IEEPA de 1977 (International Emergency Economic Powers Act), l’administration avait tenté une “interprétation créative” pour agir seule. La Cour y oppose désormais la Major Questions Doctrine, exigeant une autorisation législative explicite pour toute mesure d’un impact économique massif.
Vers une présidence sous surveillance législative
Cette jurisprudence marque le “crépuscule de l’arbitraire”. Désormais, l’invocation d’une “urgence nationale” — qu’il s’agisse de la crise du fentanyl ou des flux migratoires — ne suffira plus à justifier l’imposition unilatérale de tarifs douaniers. L’Exécutif se retrouve “enchaîné” par la Constitution, rendant la politique commerciale plus prévisible, mais aussi plus lente.
Le nouveau champ de bataille : La Section 232
Si le mur juridique semble infranchissable pour l’IEEPA, une zone d’ombre subsiste : la Section 232 relative à la sécurité nationale. L’administration pourrait être tentée de basculer l’intégralité de son arsenal protectionniste sur ce terrain. Cependant, le message envoyé par la Cour est limpide : l’urgence ne saurait créer un pouvoir que la Constitution refuse explicitement au Président.
EN BREF
- Arbitrage constitutionnel : La Cour suprême protège le monopole fiscal du Congrès (Power of the Purse).
- Frein à l’IEEPA : La loi de 1977 ne peut plus servir de base à des taxes douanières sans vote législatif.
- Fin de l’unilatéralisme : L’urgence nationale n’est plus un “sésame” pour contourner le Capitole.
- Stabilité économique : Vers une politique commerciale plus lente mais juridiquement sécurisée.
- Alerte Section 232 : Prochain terrain de conflit juridique sur la sécurité nationale.


