La Tunisie entame une année économique entre prudence mesurée et ambitions élevées visiblement traduits par une stratégie globale d’amélioration du climat des affaires à l’horizon 2030, dévoilée dans le cadre du budget économique et les débats parlementaires.

L’année 2026 se veut le point de départ de l’exécution des réformes structurelles profondes visant à relancer l’économie nationale et à renforcer l’attractivité du pays en tant que destination privilégiée pour les investissements.

Avec le démarrage de l’application de la Stratégie Nationale d’Amélioration du Climat des Affaires (2026-2030), le gouvernement a mis en place les grandes lignes d’un nouvel chapitre axé notamment sur la digitalisation, la facilitation de l’accès au financement, le développement des services en faveur des investisseurs pour renforcer la confiance des opérateurs économiques et favoriser la compétitivité de l’économie nationale.

Il convient de noter que l’investissement devrait accroitre de 12 %, selon les projections, outre la mobilisation d’environ 4 000 millions de dinars au titre des Investissements directs étrangers (IDE).

La Logistique et le financement alternatif : Les quatre piliers du plan quinquennal pour l’amélioration du climat des affaires

L’Etat envisage, selon le budget économique, la révision du cadre juridique et institutionnel de l’investissement, la simplification des procédures et la digitalisation des services en faveur des investisseurs pour garantir transparence et rapidité des transactions.

Il s’agit également du renforcement des services d’accompagnement des investisseurs, la modernisation de la logistique, l’amélioration de l’infrastructure portuaire, la facilitation de l’accès au financement et aux mécanismes de garantie alternatifs.

Les efforts seront axés sur la révision et la simplification des cahiers des charges régissant les activités économiques, la réduction des autorisations pour inciter les investisseurs et l’entreprenariat, et ce, à travers la digitalisation de tous les services via un portail national de l’investisseur.

Ce portail devra centraliser tous les services liés au cycle de vie de l’entreprise et au traitement des requêtes des investisseurs.

Les efforts en 2026 seront axés, en effet, sur la promotion des petites et moyennes entreprises, grâce à la mise en œuvre du plan exécutif de la stratégie nationale pour la promotion des petites et moyennes entreprises et à la mise à disposition de nouvelles lignes de financement.

Dans ce cadre, il aura le soutien des grands projets structurants, en tant que levier du développement économique dans les districts, et la numérisation de la carte d’investissement.

Les efforts seront renforcés pour améliorer l’attractivité de la Tunisie en tant que destination d’investissement privilégiée, en faisant connaître et en promouvant le site d’investissement tunisien, à travers la mise en place d’une stratégie de communication renouvelée pour faire connaître les avantages préférentiels de la destination d’investissement tunisienne.

Il s’agit également d’adopter des offres de valeur pour chaque district et à les unifier afin qu’elles deviennent le label de la Tunisie dans tous les domaines, notamment le tourisme et l’investissement

Investir dans la « souveraineté »… eau, énergie et infrastructures numériques

Ainsi, les investissements devraient progresser de 12 % aux prix courants en 2026 pour atteindre 29 978,5 millions de dinars (MD) , soit 16 % du Produit intérieur brut (PIB). Selon les prévisions, une valeur d’environ 4 000 MD au titre des investissements directs étrangers (IDE) devrait être enregistrée, contre 3400 MD prévus en 2025.

La répartition sectorielle des investissements montre notamment l’évolution des investissements dans le secteur de l’agriculture et de la pêche, qui devraient augmenter de 54,5 % pour atteindre 2019,5 MD aux prix courants en 2026, contre 1307,4 MD en 2025.

Le nombre de stations de dessalement devrait passer à 18 stations, avec une capacité totale de 310 mille m3 par jour, dans un an, et la rénovation de 400 km de canalisations de distribution d’eau pour la Société nationale d’exploitation et de distribution d’eau (SONEDE) , contre 300 km qui sont programmés en 2025.

Le gouvernement prévoit une augmentation des investissements dans le secteur des industries manufacturières de 15,3 % en 2026.

Ainsi , les travaux d’aménagement devraient être lancés dans cinq nouvelles zones industrielles à Mahres 2, Kondar 2, Ras El Merj , Estaftimi et Ben Guerdane, sur une superficie totale estimée à 169 hectares, ainsi que la reprise des travaux d’aménagement dans quatre zones industrielles bloquées , à savoir Sbikha 2, Om El Adham , “Al Attiyah 2” et le Kef, sur une superficie totale estimée à 180 hectares, et l’achèvement des études de réaménagement de quatre zones industrielles à Goubellat, Sidi Bouzid, Béja route Tabarka et Béja Route Amdoun.

Pour ce qui des investissements dans le secteur des industries non- manufacturières, ils accuserons une hausse d’environ 28,5 % au cours de cette année, puisque le projet gazier de Tataouine devrait être achevé en plus du démarrage des travaux liés à la relance de la production du champ “Didon”.

En ce qui concerne, le secteur de l’électricité, il verra le début de la réalisation de la station photovoltaïque pour produire de l’électricité d’une capacité de 50 mégawatts, en plus de l’avancement des travaux pour l’achèvement du projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie ainsi que les travaux de la réalisation des projets de transport d’électricité dans le cadre du treizième plan.

Les investissements dans le secteur des services devraient également augmenter de 4,6 % en raison de l’évolution significative des investissements dans le secteur des transports (24 %). Il s’agit également du renforcement du parc de transport public par bus pour les sociétés de transport public, ainsi que les procédures en cours pour l’acquisition de 14 rames de métro pour la ligne TGM et la consolidation du secteur de transport ferroviaire en lançant notamment les travaux de réalisation des projets de modernisation et de réhabilitation de la ligne ferroviaire n°6 reliant Tunis-Kasserine, outre le projet de modernisation et de réhabilitation de la ligne ferroviaire dédiée au transport du phosphate dans le bassin minier.

A cela s’ajoute la poursuite des travaux de l’autoroute Tunis-Jalma, d’une longueur de 186 km, et la poursuite des travaux de construction du pont fixe dans la ville de Bizerte, les travaux de doublement de la route nationale n° 13 reliant Sfax, Sidi Bouzid et Kasserine, et les travaux de doublement de la route nationale n° 2 reliant Sousse et Kairouan.

Malgré ces plans ambitieux, les experts en économie soulignent la nécessité d’établir des mécanismes de surveillance et de contrôle adéquats et efficaces pour suivre régulièrement l’avancement de la mise en œuvre des programmes et projets de développement. Selon les rapports économiques, l’amélioration du climat des affaires reste étroitement liée à des réformes plus profondes, notamment en ce qui concerne les indicateurs de concurrence sur le marché.