A l’occasion de la clôture des travaux du séminaire portant sur le projet de jumelage et de la modernisation du cadre opérationnel de la politique monétaire de la Banque Centrale de Tunisie, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Chedly Ayari, rappellera que ce projet a été réalisé conjointement entre la Banque Centrale de Tunisie et la Banque de France, dans le cadre du programme d’appui à l’Accord d’Association avec l’Union européenne, a permis de mobiliser de nombreux experts et compétences de banques centrales.

Des experts du Fonds Monétaire International, de la Banque de France, de la Bundesbank et d’autres banques centrales européennes ont mobilisé leurs experts pour aider les cadres de la Direction Générale de la Politique Monétaire à faire évoluer les choses et à aboutir, en fin de compte, à des réalisations précieuses. L’objectif étant de rendre le cadre opérationnel de la politique monétaire plus transparent, plus compréhensible et surtout plus facile à mettre en œuvre.

Dans son intervention M. Chedly Ayari soulignera que la Tunisie a été confronté depuis la Révolution du 14 janvier 2011 à une multitude de chocs tant internes qu’externes, qui ont eu des répercussions négatives sur les équilibres macroéconomiques : baisse du potentiel de croissance, résurgence des pressions inflationnistes, forte détérioration des déficits jumeaux et surtout une quasi-paralysie de certains secteurs économiques, autrefois pourvoyeurs d’importantes recettes en devises et générateurs de croissance et d’emploi, tels que les mines, l’énergie et le tourisme.

De plus, l’un des principaux moteurs de la croissance, à savoir l’investissement, demeure encore en deçà de ses niveaux d’avant la révolution, en raison du manque de visibilité et d’une confiance non encore totalement rétablie.

Dans ce contexte extrêmement difficile, la conduite de la politique monétaire n’était pas une tâche facile, étant donné qu’elle faisait face à la fois à de nombreux défis, surtout que l’objectif de stabilité des prix n’était pas garanti, notamment avec une inflation qui a atteint un pic de 6,6% en juin 2013, soit son plus haut niveau depuis deux décennies.

Au sujet de l’évolution du cours du dinar tunisien, le gouverneur de la Banque Centrale a estimé que “les forces qui tirent vers le bas la valeur de la monnaie nationale se sont autoalimentées, dans le sillage de la multiplication des déclarations de toutes parts, exacerbant les anticipations à la baisse de la valeur de la monnaie nationale et accentuant les pressions sur la valeur future du Dinar. Cela n’a pas manqué de semer le doute chez l’ensemble des acteurs, y compris les banques auxquelles il a été confié la mission d’assurer le rôle de teneurs de marché. Du coup, un mouvement de panique s’est emparé de la place, et dont les conséquences auraient pu être désastreuses pour l’économie tunisienne, n’eut été la volonté affirmée des autorités monétaires pour gérer calmement cette mini crise de change”.

Je voudrais, par ailleurs, saisir cette occasion pour appeler l’ensemble de la communauté financière ainsi que tous les agents économiques à faire preuve de sagesse et de retenue, en cette phase difficile que nous traversons, ne serait-ce que pour défendre la valeur du dinar; Pour ce faire, il y a lieu de réhabiliter la valeur du travail, de miser sur une meilleure productivité et d’encourager la production nationale en favorisant la consommation de produits «made in Tunisia». Par cet élan patriotique, nous arriverons à produire plus, exporter plus, rétablir l’équilibre de nos comptes extérieurs et mettre fin à la spéculation sur la monnaie nationale.