Un député russe veut interdire Facebook pour ses photos “gay-friendly”

Par : AFP
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ême des Etats-Unis, à Washington, le 26 juin 2015 (Photo : MLADEN ANTONOV)

[28/06/2015 17:55:10] Moscou (AFP) Un député russe a demandé dimanche la fermeture du réseau social Facebook, lui reprochant de diffuser des photos aux couleurs de l’arc-en-ciel, qu’il estime être de la “propagande” homosexuelle.

Ces photos, qui peuvent être créées grâce à un outil mis en place par Facebook, sont diffusées par ses utilisateurs qui souhaitent marquer leur soutien à la décision prise vendredi par la Cour suprême des Etats-Unis de légaliser partout dans le pays le mariage homosexuel.

Pour le député Vitali Milonov, auteur de la loi controversée sanctionnant la “propagande” homosexuelle devant mineurs, ces photos sont “une grossière violation de la législation russe”, a-t-il dénoncé sur la radio russe Ekho Moskvy.

“Facebook n’a pas de limite d’âge (en réalité si: le réseau restreint son accès aux moins de 13 ans, ndlr), c’est impossible de savoir s’il y a des mineurs qui regardent” ces photos couleur arc-en-ciel, a expliqué M. Milonov.

“C’est pour cela que ce serait complètement normal de couper l’accès à Facebook en Russie”, a-t-il affirmé.

Il a indiqué avoir saisi l’autorité russe de contrôle des médias Roskomnadzor, autorisée depuis février 2015, de bloquer l’accès à des sites internet sur simple ordre d’un procureur, si leur contenu est jugé illégal.

Peu après ses déclarations, la photo du député, agrémentée d’un filtre aux couleurs de l’arc-en-ciel, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, sur Facebook comme sur Twitter.

Vendredi, la Cour suprême a légalisé le mariage homosexuel dans tous les Etats américains, une nouvelle accueillie dans l’euphorie dans de nombreux pays occidentaux.

Considérée comme un crime en Russie jusqu’en 1993 et une maladie mentale jusqu’en 1999, l’homosexualité reste un sujet difficile dans le pays, où augmentent l’harcèlement et les discriminations contre les gays, lesbiennes et transgenres, selon l’ONG Human Rights Watch.