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à Londres (Photo : Justin Tallis)

[02/11/2012 13:53:58] LONDRES (AFP) Royal Bank of Scotland (RBS), qui poursuit son redressement après son sauvetage par l’Etat en 2008, accuse une baisse massive au troisième trimestre en raison d’importantes provisions, notamment pour régler l’affaire des ventes forcées d’asurances-crédit.

La banque a par ailleurs annoncé qu’elle s’attendait à entamer des négociations pour mettre fin aux enquêtes sur les manipulations du taux interbancaire Libor, ce qui devrait lui valoir des sanctions financières.

RBS, dont l’Etat britannique détient 81% du capital, a enregistré une perte nette de 1,384 milliard de livres (1,72 milliard d’euros) sur la période contre un bénéfice net de 1,226 milliard un an plus tôt, a-t-elle annoncé vendredi.

Cette perte s’explique en particulier par une charge de 1,455 milliard destinée à refléter l’évolution de la valeur de sa dette, ainsi que par une nouvelle provision de 400 millions pour faire face aux litiges sur les ventes forcées d’assurances-crédit, qui porte sa facture dans cette affaire à 1,7 milliard.

Ces assurances-crédit, appelées PPI (“Payment Protection Insurance”), qui permettaient d’assurer le remboursement d’un crédit malgré une perte de revenus liée à la maladie, au décès ou à la perte d’un emploi, ont longtemps été vendues d’office aux clients avant que cette pratique ne soit définitivement condamnée.

Lloyds Banking Group a annoncé jeudi une nouvelle provision d’un milliard dans cette affaire, tandis que Barclays avait annoncé il y a deux semaines une nouvelle charge de 700 millions.

Au total, la facture pour les banques du pays a dépassé les 10 milliards.

RBS a également mis de côté 50 millions de plus à cause du bug informatique qui a affecté ses clients en juin.

Malgré cette perte, le directeur général Stephen Hester a assuré que le plan de redressement, qui s’est soldé par des cessions et des milliers de suppressions d’emploi, continuait “de faire d’excellents progrès”.

Le résultat opérationnel a en effet bondi à 1,047 milliard contre 2 millions un an plus tôt tandis que ses revenus ont progressé de 6,3% à 6,408 milliards.

Autre preuve de ce redressement, la banque est sortie en octobre du système gouvernemental de garantie des actifs toxiques, un premier pas vers sa privatisation.

Mais “du travail important reste à faire” notamment sur “les questions de réputation”, a toutefois souligné M. Hester, alors que la banque est empêtrée dans le scandale du Libor, qui a décapité sa concurrente Barclays. Une affaire qui pourrait lui coûter “beaucoup d’argent”, avait confié récemment M. Hester.

RBS a indiqué vendredi “s’attendre à entamer des négociations pour régler à court terme certaines des enquêtes”, ce qui devrait se solder probablement par des “pénalités financières”.

La banque reste enfin toujours à la recherche d’un acheteur pour 316 de ses agences après le retrait en octobre de la banque espagnole Santander.

“L’immensité de la tâche à laquelle RBS a fait face (…) tout comme les progrès réalisés jusqu’à présent sont indiscutables”, mais “la question que se posent maintenant les investisseurs est de savoir si la banque est une proposition attractive, étant donné les problèmes auxquels elle fait encore face”, a souligné Richard Hunter de Hargreaves Lansdown Stockbrokers, en citant notamment le Libor.

Signe de cette interrogation, l’action RBS cédait 1,39% à 283,2 pence vers 13H20 GMT, après avoir ouvert en nette hausse.