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| ésident de la Commission européenne Joaquin Almunia, le 8 mai 2012 à Bruxelles (Photo : Thierry Charlier) |
[11/06/2012 14:16:32] MADRID (AFP) Il y aura “évidemment des conditions” au plan d’aide accordé à l’Espagne pour son secteur financier, a affirmé le vice-président de la Commission européenne, Joaquin Almunia, évoquant une “troïka” avec un rôle de vérification de l’usage des fonds.
Madrid a fini par se résoudre à appeler à l’aide mais se refuse à parler de “sauvetage” et assure avoir obtenu sans contrepartie un crédit pouvant aller jusqu’à 100 milliards pour ses banques.
“Le FMI ne finance pas et ne co-finance pas (…) mais le FMI est associé aux travaux de suivi de tout ce qui va suivre. Et il sera aussi dans la Troika”, a déclaré M. Almunia.
“Ils viennent véfifier que l’argent donné par les citoyens espagnols et les autres citoyens européens est bien utilisé”, a-t-il ajouté.
Il était interrogé sur le rôle de la “troïka” UE-BCE-FMI évoquée par le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble. Ce dernier a déclaré que la troïka se limiterait à superviser la restructuration du secteur bancaire de l’Espagne.
“Il y aura évidemment des conditions. La question, c’est de savoir quelles seront ces conditions”, a ajouté le responsable européen à la radio espagnole Cadena Ser.
“Celui qui donne de l’argent ne le fait jamais gratuitement. Il veut savoir ce qu’on en fait”, a-t-il ajouté.
“Ce qu’il faut voir, c’est comment ils agissent. J’espère qu’ils agiront bien, honnêtement, qu’ils ne croient pas qu’ils viennent dans une république bananière. Et je suis certain qu’ils le comprennent comme ça”, a ajouté cet ancien secrétaire général du Parti socialiste espagnol.
Interrogé à Bruxelles sur ces déclarations, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, Amadeu Altafaj, s’est refusé à parler de “troïka”, évoquant un “quartette” comprenant la Commission européenne, la BCE, le FMI et aussi l’EBA (autorité bancaire européenne). “La question de l’étiquettage est une question mineure”, a-t-il affirmé.
Auparavant, M. Altafaj avait assuré qu’il n’y avait “pas de conditions supplémentaires en terme d’austérité, comme on pourrait le penser, ni en termes de réformes économique parce que c’est déjà en cours et cela est suivi évidemment par l’Europe”, dans un entretien à la radio-télévision espagnole.
“Evidemment, personne ne donne gratuitement”, avait-il ajouté, rappelant que la contrepartie était la réduction du déficit espagnol à 5,3% auquel s’est engagé Madrid.
Concernant les banques, il avait affirmé que des conditions seront précisées “dans les prochaines semaines” pour mettre fin à “certaines pratiques peu responsables” qui ont contribué à la bulle immobilière. Elle a explosé en 2008, plongeant l’Espagne dans la crise avec un chômage de près de 25% de la population active.
Après avoir résisté jusqu’au bout, l’Espagne est devenue samedi le quatrième pays de la zone euro, après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, à recevoir une aide financière extérieure d’un montant de 100 milliards d’euros, mais limité aux seules banques asphyxiées par leur exposition au secteur immobilier.



