Tunisie – Eau – Energie : Echange équitable et développement durable ?

Par : Autres


energie-22052012-320.jpgTous les climatologues s’accordent à dire que le climat sec de la Tunisie est
source de stress hydrique endémique. Cette situation s’est exacerbée en raison
du changement climatique.

En se référant aux réserves d’eau disponibles pour chaque citoyen, elles ne
dépassent pas les 500 mètres cubes par an, alors que ce niveau est censé être au
moins de l’ordre de 1.500 m3; quantité nécessaire pour couvrir les besoins
ordinaires de l’habitant, autonome, vissé à son terroir.

Ainsi, pour répondre à nos besoins annuels en la matière, nous sommes contraints
de chercher le complément nécessaires, soit 1.000 m3/ha (12 Km3 au total)
minimum, et ce par le recours à des sources non conventionnelles.

Le constat ci-dessus décrit semble échapper à notre ministre de l’Agriculture, à
telle enseigne qu’il déclara, suite au niveau atteint par les réserves de nos
barrages après les pluies abondantes de l’hiver dernier, soit 2 Km3, que de
telles quantités sont suffisantes pour les trois prochaines saisons
agricoles!(Lire ici)

Le déficit structurel peut aussi être constaté en se référant aux statistiques
de la production de nos grandes cultures: céréales et huile d’olive, par
exemple, la moyenne quinquennale 2005-2009 des rendements en céréales n’a pas
dépassée 1,35 T/ha. A titre d’information, le rendement en France frôle les 10
T/ha et les 5 T/ha en Allemagne. On peut dire la même chose pour le rendement de
nos oliviers: 3 Kg d’huile par pied d’olivier.

On pourra espérer voire reprendre la production de betterave sucrière afin de
pourvoir à nos besoins en la matière…

Le nivellement et le relèvement des rendements mentionnés sont possibles par un
apport
hydrique aux champs aux moments idoines. Ainsi, ces rendements peuvent
être facilement doublés par le recours systématique à l’irrigation d’appoint,
nous épargnant au passage une dépense importante en devises allouées à
l’importation: de grains pour la consommation humaine et animale, d’huile
végétale et du sucre…

Par ailleurs, il faut signaler la qualité, parfois médiocre, de l’eau potable
dans certaines régions de la République, ainsi que sa non disponibilité dans les
oasis pour l’irrigation.

Plusieurs questions…

Alors, comment pouvons-nous nous offrir cette énorme quantité d’eau si vitale
pour le pays et la population? La technique dans le domaine de dessalement de
l’eau pourra-t-elle venir à bout du manque en cette ressource? Allons-nous
pouvoir ainsi mettre fin à notre dépendance alimentaire d’outre mer en
améliorant le rendement de nos cultures sur toutes nos terres arables? L’énergie
solaire peut-elle être mise à contribution à cet effet?

De telles questions sont devenues d’actualité surtout après la Mère des
Révolution de ce siècle, porteuse d’espoir pour tout un pays assoiffé d’eau, de
liberté et de dignité.

L’exigence de plein emploi ne peut être exhaussée que par la mobilisation de
toutes les ressources du pays et le recours aux techniques les plus performantes
et innovantes en vogue de par le monde.

Aussi, notre démocratie balbutiante nous concilie-t-elle avec notre
environnement direct ainsi qu’avec nos voisins de la rive nord de la
Méditerranée.

En effet, notre quête insatiable pour des nouvelles ressources en eau non
conventionnelles n’a d’équivalent que celle de l’Europe en quête aussi
insatiable de nouvelles ressources énergétiques de préférence renouvelables et
vertes.

Il faut avoir à l’esprit les risques inhérents à l’usage du nucléaire en la
matière surtout après l’accident subi par la Centrale nucléaire de Fukushima au
Japon ainsi que l’épuisement annoncé des ressources d’énergie fossiles, combien
nuisibles à l’environnement, surtout le charbon servant à produire de
l’électricité avec une empreinte Carbonne d’1 kg de CO2 par KWh alors que celui
issu du solaire porte le label vert!

Par ailleurs, la pressions des “Partis Verts“ a fini par convaincre certains
gouvernants européens à renoncer au recours au nucléaire dans la production de
l’électricité au point que l’Allemagne a fini par arrêter tout nouvel
investissement dans ce domaine faisant d’elle un pays pionnier dans la recherche
et le développement des énergies renouvelables surtout le solaire.


Energie électrique verte puisée dans un gisement à ciel ouvert

Ainsi, on peut dire qu’une véritable autoroute pour la coopération s’est ouverte
à notre jeune démocratie afin d’initier un échange équitable avec ces Ainées
européennes!

Rien qu’à voir l’afflux des délégations européennes qui nous rendaient visite,
en début de cette année, cherchant à initier une coopération fructueuse dans le
domaine de l’énergie solaire, pour apprécier l’importance de l’opportunité qui
nous est offerte à cet effet afin de réaliser les objectifs de notre Révolution,
à savoir: le plein emploi!

Une coopération de type gagnant/gagnant semble à portée de main, mais encore
faut-il bien la négocier et la saisir. La dernière délégation d’homme
d’affaires, dirigée par l’ambassadeur du Royaume-Uni, reçue par le président de
la République en date du 26 mars dernier, est venue promouvoir le projet «TuNur»
(Tounes Nour, mais pour qui et contre quoi alors que la soif tenaille nos champs
et nos oliviers!) pour produire de l’énergie électrique verte en puisant de
notre gisement à ciel ouvert de rayonnement solaire sur le sable de notre
étendue déserte!

Lumière contre eau

La technique sur la quelle est basé ledit projet est celle de Concentration des
Rayons Solaires (CSP) afin de les utiliser pour produire de la vapeur d’eau à
envoyer au cœur de la Centrale. Le refroidissement de ladite vapeur s’effectuant
par réfrigération artificielle afin de la liquéfier pour la renvoyer dans un
circuit fermé et ainsi de suite… Cette Centrale pourra ainsi produire de
l’électricité qui sera acheminée vers sept cent mille foyers européens tel que
expliqué par ses promoteurs. Il semble ne pas conforter les préoccupations qui
sont les nôtres en matière de production d’eau dessalée et de développement
durable et équitable; il consacre plutôt un mode d’échange archaïque et désuet
de type colonial, indigne de notre Révolution!

En effet, une autre technique existe consistant à ériger pareille centrale
auprès de nos côtes et faisant recours au refroidissement de la centrale par
l’eau de mer. Basée sur un Km² de miroir réfléchissant, alimenté en eau de mer
pour le refroidissement et, incidemment, en vue de dessalement, une pareille
centrale peut produire 250 Mkw/h/an et 60 millions de m3/an d’eau potable
dessalée!

Ainsi, cette technique, malgré “le maigre“ résultat d’eau fournie (5 pour mille
de nos besoins) semble nous ouvrir la voie royale vers la réalisation des
objectifs visés, et ce en faisant participer nos jeunes compétences
scientifiques pour en améliorer le rendement et faire au moins que sa production
électrique en MKw exportable soit équivalente en Mm3!

Par ailleurs, les 60 millions de m3 représentent déjà le quart de ce que
distribue la
SONEDE pour les ménages abonnés et ce pour une année! Quantités
très utiles pour le tiers sud du pays et suffisantes pour couvrir les besoins en
eau potable aux normes répondant aux standards internationaux, d’au moins
700.000 foyers tunisiens dans le tiers sud du pays, soit le quart de la
population, à l’instar de leurs homologues européens pour l’électricité!

Il est donc opportun de poursuive la coopération avec nos voisins du nord sans
perdre de vue nos objectifs de développement durable et équitable. Pour ce
faire, une règle d’équité est à mettre en œuvre: lumière contre eau! En fait, il
s’agit d’extraction d’énergie d’un gisement à ciel et mer ouverts, où la
compagnie étrangère sera traitée comme une compagnie pétrolière: le résultat de
son exploitation sera répartie comme suit: pour la Tunisie, 1 m3 d’eau contre 1
KW à concurrence de la quantité d’eau dessalée fournie, le reste de KW produits
et non couverts par le troc précédent sera réparti 50%-50% entre la compagnie et
la Tunisie… Tout ce projet sera monté sans que la Tunisie investisse 1 seul
dinar, hormis le lieu d’implantation et le rayonnement solaire!

Donc, vu le besoin pressant en électricité propre des pays européens, leurs
compagnies vont se hâter pour améliorer la technique afin de nous permettre
d’avoir les 12 milliards de m3 demandés.

On aura ainsi établi des relations stratégiques durables et apaisées, fourni de
l’emploi à nos jeunes tout en les réconciliant avec le milieu naturel, tari les
sources de l’émigration clandestine aussi bien que celle de l’exode rural,
stoppé l’avancée du désert et la désertification de nos campagnes en faisant de
nos prairies un vivier d’écologie et de production durable amie de
l’environnement … et fait de la Méditerranée un havre de paix pour les peuples
l’entourant .