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| à Paris le 18 août 2011 (Photo : Eric Piermont) |
[05/09/2011 13:25:54] PARIS (AFP) Les banques européennes ont repris lundi leur dégringolade en Bourse, toujours affectées par les incertitudes liées à la trajectoire de la Grèce, de l’Italie et des Etats-Unis, les établissements français étant, une nouvelle fois, particulièrement malmenés.
Après une dizaine de jours cauchemardesques mi-août, les valeurs bancaires ont de nouveau entraîné les grandes indices européens à la baisse. Vers 15H00 (13H00 GMT), Société Générale dévissait de 7,38%, l’allemande Deutsche Bank près de 6,04%, tandis que l’italienne Intesa Sanpaolo abandonnait 7,05%.
Sans parvenir à mettre le doigt sur un événement particulier, les analystes citaient, pêle-mêle, le dérapage anticipé du déficit grec, l’application du plan d’austérité italien, les mauvais chiffres américains de l’emploi et les poursuites aux Etats-Unis contre 17 institutions financières mêlées au “subprime” (crédit hypothécaire à risque).
Les marchés craignent ainsi que la situation financière des banques ne se dégrade du fait de nouvelles dépréciations sur leurs portefeuilles d’obligations des Etats fragiles de la zone euro ainsi que d’un fort ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe.
“Tout est complètement lié à la macroéconomie”, a commenté l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat, ironisant sur le fait qu'”en ce moment, la valeur ajoutée d’un analyste bancaire est devenue minime”.
Le mouvement était d’autant plus violent lundi qu’aucun indicateur macroéconomique majeur ou résultat d’entreprise n’était attendu et que les marchés américains étaient fermés pour cause de fête nationale.
Un autre analyste, également sous couvert d’anonymat, considérait lui que ces mouvements étaient “irrationnels”, soulignant que les banques suisses lâchaient pratiquement autant en Bourse que les françaises alors qu’elles ne possédaient que très peu d’obligations des Etats fragiles de la zone euro.
L’extrême volatilité des valeurs bancaires, dont beaucoup se rapprochaient lundi de leurs plus bas niveaux historiques, pourrait demeurer, faute d'”une action un peu plus musclée des gouvernements européens”, selon un analyste.
“Les mesures adoptées le 21 juillet (sur un nouveau plan d’aide à la Grèce) sont une première étape (…) mais l’important maintenant, c’est de les mettre en oeuvre”, a fait valoir lundi le président de la Fédération bancaire française (FBF), François Pérol.
L’adoption du principe controversé d’obligations européennes ou “eurobonds” pourrait calmer les marchés et relâcher la pression sur les valeurs bancaires, mais “ce ne pourrait être que la dernière étape du processus d’intégration européenne”, explique Antonio Guglielmi, analyste de Mediobanca.
Par ailleurs, pour l’analyste, le niveaux de capitaux propres des banques européennes, récemment jugé insuffisant par la directrice général du Fonds monétaire européen (FMI) Christine Lagarde, explique aussi leur trajectoire catastrophique en Bourse.
Il estime que l’augmentation graduelle des fonds propres, déjà largement entamée, dans la perspective de l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit Bâle III, ne suffit pas à rassurer les marchés.
Compte tenu de leur exposition à la dette des Etats fragiles de la zone euro, plusieurs banques françaises et allemandes devraient en passer par une augmentation de capital, selon lui.
Une opération qui, compte tenu du niveau de valorisation actuel des banques, serait très douloureuse pour elles et leurs actionnaires. “Il aurait fallu le faire il y a deux ou trois ans”, estime M. Guglielmi.
Le président de BNP Paribas Michel Pébereau a jugé lundi qu’il n’était “pas si évident” que l’ensemble du système bancaire européen ait besoin d’être recapitalisé même si c’est “sans doute” nécessaire pour “certaines banques”.
“Je ne pense pas que (la déclaration de Christine Lagarde) faisait référence aux banques françaises”, a jugé M. Pérol.



