La Grèce fait face à ses échéances à la veille d’une nouvelle grève générale

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à la grèce générale le 19 mai 2010 à Athènes (Photo : Louisa Gouliamaki)

[19/05/2010 10:31:38] ATHENES (AFP) La Grèce est en mesure de faire face à ses échéances financières, grâce au versement de l’aide promise par ses partenaires européens et le FMI, obtenue en échange de mesures d’austérité contre lesquelles les syndicats appellent à une nouvelle grève générale jeudi.

Grâce aux prêts européens d’un montant de 14,5 milliards d’euros encaissés mardi, Athènes est en mesure de faire face à une dette de quelque 9 milliards d’euros arrivée à échéance ce mercredi.

Athènes, qui avait également reçu un prêt de 5,5 milliards d’euros du FMI la semaine dernière, est ainsi à l’abri d’une éventuelle banqueroute et ses besoins financiers sont couverts pour ses prochaines échéances, selon le ministère des Finances.

“Les besoins d’emprunt immédiats et à court terme ainsi que les obligations de la Grèce sont couverts avec cet argent”, a précisé le ministère en recevant les fonds.

L’enveloppe européenne de 14,5 milliards d’euros fait partie d’un programme de prêts de 80 milliards d’euros promis sur trois ans par les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro. Le FMI a lui promis au total 30 milliards d’euros.

La prochaine échéance importante aura lieu en mars 2011, lorsqu’Athènes devra rembourser à ses créanciers des bons à 3 ans pour un total de 8,6 milliards d’euros.

Mais d’ici là, la Grèce recevra des prêts de l’UE et du FMI d’un total de 18 milliards qui doivent lui être versés à la fin de l’année.

En échange de ces prêts, le gouvernement socialiste de Georges Papandréou s’est engagé à mettre en oeuvre un plan d’austérité sans précédent de 30 milliards d’euros destiné à ramener le déficit public, qui frôlait 14% du PIB en 2009, sous le seuil de 3% en 2014.

Ce programme d’austérité entraîne de fortes résistances dans le pays où les principaux syndicats ont à nouveau appelé à une grève générale pour jeudi, la quatrième depuis l’adoption de premières mesures d’austérité en février.

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à Athènes (Photo : Dimitar Dilkoff)

Même si, selon les derniers sondages, une majorité de Grecs (plus de 55%) disent préférer ces mesures d’austérité à une éventuelle banqueroute du pays, la Grèce devrait à nouveau connaître jeudi de fortes perturbations.

Les transports urbains devaient être quasi-inexistants, les navires rester à l’ancre et les trains au dépôt.

Mais les transports aériens seront épargnés du fait du refus des contrôleurs aériens de s’associer au mouvement en raison de “la dégradation de la situation dans le secteur touristique”, le premier revenu national.

Seuls quelques vols intérieurs vers des îles des Cyclades (est) seront annulés en raison d’un mouvement de techniciens.

Les journalistes ne feront pas grève eux non plus, contrairement aux trois précédentes grèves nationales, en février, en mars et le 5 mai.

Cette dernière journée de grève a été endeuillée par la mort de trois employés de banque asphyxiés dans leur banque incendiée par des cocktails Molotov lancés par des casseurs, en marge du défilé syndical.

La Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE, 1 million d’adhérents) et la Fédération des fonctionnaires (ADEDY, 370.000 membres) entendent s’opposer par cette grève aux mesures d’austérité et notamment au projet de réforme des retraites qui doit être déposé prochainement au Parlement.

Le président de la GSEE, Yannis Panagopoulos, a affirmé que “le système de retraites commence à être la proie de vampires et de cannibales”, dénonçant “les coupes drastiques pour ceux qui atteignent la retraite”.

Les syndicats n’ont pas exclu une nouvelle grève lors de la discussion du texte par les députés.