USA : les écarts de Goldman Sachs épluchés devant le Sénat

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êts hypothécaires, le 27 avril 2010, devant le Sénat américain. (Photo : Jim Watson)

[27/04/2010 20:26:31] WASHINGTON (AFP) Les écarts de la banque d’affaires Goldman Sachs ont été décortiqués mardi par des sénateurs américains pugnaces, qui ont soumis les dirigeants de la banque à un feu roulant de questions sur des allégations de fraude.

Au cours d’une audition fleuve entamée à 10H00 (14H00 GMT), les élus ont cuisiné plusieurs hauts cadres du prestigieux établissement de Wall Street visé par une plainte pour fraude de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine.

D’autres responsables, dont le PDG de la banque Lloyd Blankfein, devaient être entendus plus tard dans l’après-midi.

Les élus cherchent à déterminer le rôle de la banque d’affaires dans la catastrophe financière de 2008.

Le ton de l’audition a été donné dès les premiers échanges par le sénateur Carl Levin, président de la sous-commission permanente des enquêtes. Ce dernier a cité un courriel interne de Goldman Sachs, qui affirmait que l’un des produits financiers vendus par la firme était “une affaire de merde”.

“Combien de ces +affaires de merde+ avez-vous vendu à vos clients?”, a demandé M. Levin à Daniel Sparks, l’ex-responsable de la division des prêts hypothécaires.

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çais Fabrice Tourre, de la banque d’affaire Goldman Sachs, devant le Sénat américain, le 27 avril 2010. (Photo : Mark Wilson)

Un peu plus tard, M. Levin a souligné que dans un autre courriel interne, ce type de produit a été qualifié de “camelote”. Le sénateur a regretté que la banque ait “transmis le risque (à des clients)”, en faisant au passage des profits, au lieu de l’assumer.

L’audition de mardi intervient à environ six mois des élections législatives de mi-mandat et en plein débat au Capitole sur les moyens de mettre fin aux “comportements risqués” des grandes firmes de Wall Street.

Goldman Sachs est visé par une enquête de la SEC, qui l’accuse d’avoir vendu début 2007 à ses clients des produits liés à des actifs immobiliers à risque, sans les informer que la banque était payée par un fonds spéculatif pour monter une transaction permettant à ce fonds de parier contre ces mêmes titres.

Les sénateurs ont également questionné le Français Fabrice Tourre, au coeur des accusations de fraude.

Le responsable financier de 31 ans était à l’époque des faits vice-président d’une unité de produits structurés de Goldman Sachs.

“Je nie catégoriquement les allégations de la SEC. Et je me défendrai devant la justice contre ces fausses accusations”, a déclaré M. Tourre dans un anglais parfait.

Selon les allégations de la SEC, un fonds d’investissement spéculatif, le fonds Paulson, aurait aidé à réaliser ces transactions sur des produits adossés à des valeurs immobilières et M. Tourre connaissait les positions de Paulson pariant sur la baisse du marché immobilier.

Campant sur ses positions, le sénateur Levin a jugé “intolérable” le fait de parier contre ses propres clients. “A l’évidence, nous devons y répondre par une loi”, a-t-il conclu.

Dans son intervention préparée à l’avance, M. Blankfein a assuré que la banque n’avait parié ni contre le marché immobilier ni contre ses clients, et au contraire perdu 1,2 milliard de dollars dans les titres liés à l’immobilier résidentiel. “Nous n’avons pas parié massivement contre le marché du logement et nous n’avons certainement pas parié contre nos clients”, a ajouté M. Blankfein.

M. Levin et sa commission ont produit des échanges de messages électroniques impliquant certains des plus hauts dirigeants de Goldman Sachs pour étayer leurs accusations.