La Poste : gel de l’ouverture du capital, les syndicats toujours mobilisés

photo_1225705921386-1-1.jpg
çade d’une agence de la Poste, à Paris le 23 septembre 2008 (Photo : Joel Saget)

[03/11/2008 09:54:01] PARIS (AFP) Le gouvernement n’a plus l’intention “pour l’instant” d’ouvrir le capital de La Poste, a déclaré dimanche Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, une nouvelle accueillie avec prudence par les syndicats, qui bataillent depuis l’été contre la “privatisation”.

“Je crois qu’il n’est plus question pour l’instant dans la situation où nous nous trouvons d’ouvrir le capital de La Poste”, en raison de la crise financière, a déclaré M. Guaino au “Grand Rendez-Vous” Europe1/Le Parisien.

Plus tard sur France Info, il a cependant précisé que “le calendrier” de cette réforme restait “valable sauf qu’aucune décision n’a été prise sur la manière de financer La Poste”.

“Je pense qu’aujourd’hui il y a d’autres priorités”, particulièrement “répondre à la crise financière”, a-t-il dit.

Le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, a confirmé que l’ouverture du capital de l’entreprise publique n’était “pas d’actualité”, mais “il n’en demeure pas moins que La Poste a besoin d’argent pour financer son développement et se préparer (…) à l’ouverture des marchés en 2011”.

Ces déclarations n’ont pas rassuré les syndicats, qui maintiennent leur appel à une journée nationale d’action le 22 novembre, contre le projet de changement de statut de La Poste, préalable à une ouverture de capital, à leur yeux synonyme de “privatisation”.

Pour la CGT, premier syndicat de La Poste, “on voit dans cette annonce un encouragement à multiplier les initiatives d’actions pour assurer l’avenir du service public postal et celui des postiers”.

Sud-PTT, deuxième syndicat, a trouvé cette annonce “très insatisfaisante”, exigeant “l’abandon pur et simple du projet”. “La mobilisation doit continuer”, a précisé Régis Blanchot, son porte-parole.

photo_1225705995951-1-1.jpg
écial du président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, à l’Elysée à Paris le 23 novembre 2007 (Photo : Bertrand Guay)

FO a souligné que la bagarre n’était “pas terminée”, et la CFDT a regretté le “flou” des paroles de M. Guaino.

“Il ne faut pas surinterpréter” ses propos, a réagi Frédéric Lefebvre (UMP). “Certains ont imaginé qu’il voulait dire qu’il fallait abandonner la réforme, alors qu’en fait, la réforme est cruciale”.

Le PCF a appelé à “poursuivre la mobilisation”, Olivier Besancenot (LCR) et François Hollande (PS) ont exigé chacun “le retrait” ou “l’abandon” du projet de privatisation.

La direction de La Poste n’a pas souhaité dimanche faire de commentaires.

Son PDG, Jean-Paul Bailly, avait détaillé fin août son projet, qu’il a soumis à l’Etat, et destiné, selon lui, à faire face à la libéralisation totale du courrier en 2011: transformation en société anonyme en janvier 2010, et ouverture du capital en 2011.

Selon lui, l’entreprise publique a besoin de 2,5 à 3,5 milliards d’euros, ce qui, selon différents analystes, pourrait entraîner une ouverture d’environ 30% du capital.

Même si M. Bailly assure que l’Etat restera majoritaire, les syndicats craignent dégradation du service aux usagers et menaces sur l’emploi des 280.000 postiers.

Le 23 septembre, à l’appel de la plupart des syndicats, plus de 27% des postiers ont cessé le travail, selon la direction, 40% selon les organisateurs.

Plusieurs syndicats ont également lancé des pétitions et demandé un référendum sur le sujet, d’autres exigeant plutôt un débat public, relayés par plusieurs associations et partis politiques de gauche.

Nicolas Sarkozy a mis en place en septembre une commission, pour étudier le changement de statut et présidée par l’ancien directeur général d’EDF, François Ailleret. Composée notamment d’élus et de syndicalistes, elle doit rendre ses propositions en décembre, mais trois syndicats (Sud, FO, CFTC) ont déjà suspendu leur participation.