Cyclisme : T-Mobile place ses coureurs devant leurs responsabilités

 
 
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Un membre de l’équipe T-Mobile lors du tour de France, le 20 juillet 2007 (Photo : Joel Saget)

[09/08/2007 15:53:09] SARREBRUCK (AFP) Malgré son image écornée par les affaires de dopage, T-Mobile, filiale du géant de la télécommunication Deutsche Telekom, s’est engagé à rester dans le cyclisme professionnel jusqu’en 2010, un engagement assorti de conditions encore plus draconiennes pour ses coureurs.

Chez T-Mobile, les coureurs vont désormais devoir mettre la main à la poche pour payer leurs contrôles antidopage: du simple équipier de base aux leaders Linus Gerdemann et Michael Rogers, en passant par l’encadrement, tous ont accepté de verser un part de leur salaire pour financer à hauteur d’un million d’euros une rallonge au programme interne de contrôles et pour, accessoirement, sauver leur emploi.

La mesure –présentée comme une première mondiale dans le sport– est la plus spectaculaire dévoilée par Deutsche Telekom à la veille du départ du Tour d’Allemagne.

“Nous voulons envoyer le signal fort, dont a besoin le cyclisme”, a résumé Hamid Akhavan, le président de T-Mobile International et membre du comité directeur de Deutsche Telekom.

Depuis l’annonce le 18 juillet du contrôle positif à la testostérone de l’un des coureurs au maillot magenta, Patrik Sinkewitz, les plus hauts responsables d’un groupe coté en Bourse qui réalise un chiffre d’affaire de plus de 60 milliards d’euros, débattaient de l’intérêt de rester dans le cyclisme et de dépenser 12 millions d’euros par an.

“Nous avons conclu que quitter le cyclisme serait un mauvais signal au moment où ce sport est engagé dans un lutte inflexible pour se débarrasser du dopage”, a plaidé Christian Frommert, le directeur de la communication sportive du groupe.

Un an après l’implication de son emblématique leader, Jan Ullrich, dans l’affaire Fuentes en Espagne, Deutsche Telekom, engagé dans le cyclisme depuis 1991, aurait pu décider d’arrêter les frais d’autant que nombre de ses anciens coureurs (Vinokourov, Jaksche, Mazzoleni) sont tombés pour dopage ou, comme Erik Zabel, Bjarne Riis et Rolf Aldag, ont avoué s’être dopés dans les années 1990.

“Mais nous ne voulons pas capituler devant les difficultés actuelles, nous savions que cette transition vers un cyclisme propre allait être difficile”, a justifié Hamid Akhavan.

Mais cette fois, les dirigeants de Deutsche Telekom ont prévenu: “Nous nous réservons le droit d’arrêter ce partenariat immédiatement en cas de nouvelle affaire”.

Depuis la fin des années Ullrich, marquée par le départ d’un encadrement très “vieille école”, T-Mobile se présente comme la formation de pointe en matière de lutte contre le dopage.

Son programme de contrôles internes et sa contribution annuelle de 250.000 euros à l’agence allemande antidopage ont en effet permis de débusquer Sinkewitz, contrôlé à l’entraînement avant le Tour de France, et l’Ukrainien Serhiy Honchar, tous deux licenciés.

“Le combat pour redonner sa crédibilité au cyclisme va prendre encore du temps, mais T-Mobile nous offre la possibilité de le poursuivre”, s’est félicité Gerdemann, 24 ans et symbole du renouveau espéré.

La décision de T-Mobile, conjuguée aux retours sur le Tour d’Allemagne et sur les Championnats du monde de Stuttgart de la télévision publique après son boycott du Tour de France, soulage le cyclisme professionnel allemand.

Dans son sillage, ses partenaires comme Adidas, les autres équipes aux sponsors allemands comme Gerolsteiner et Milram, pourraient rester dans le peloton.

 09/08/2007 15:53:09 – © 2007 AFP