Agoa : sixième forum USA-Afrique mercredi et jeudi au Ghana

 
 
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L’usine d’Awoba de la compagnie Shell dans le delta du Niger, en septembre 2005 (Photo : Dave Clark)

[18/07/2007 10:08:16] LAGOS (AFP) Le sixième Forum de l’Agoa (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) se tient mercredi et jeudi à Accra pour faire le point sur les exportations africaines vers les Etats-Unis, secteur dominé à plus de 90% par le pétrole.

En raison de la situation au Proche-Orient, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a annulé sa participation au forum. La délégation américaine sera conduite par la représentante pour le commerce extérieur Susan Schwab et le ministre de l’Agriculture Mike Johanns.

38 pays africains bénéficient du système Agoa, une législation lancée en 2000 par Bill Clinton pour permettre aux pays africains d’exporter sans droits de douane sur le marché américain. Le système a été prolongé jusqu’en 2015.

Mais l’an dernier plus de 90% des exportations d’Afrique sub-saharienne ont été des produits pétroliers, “ce qui en dit long sur le reste”, juge la directrice marketing du Conseil de promotion des exportations du Nigeria, Opeyeme Abebe.

Cette tendance était confirmée en mai par la sous-secrétaire d’État américaine adjointe pour les affaires africaines, Linda Thomas-Greenfield: les importations par les États-Unis de “produits Agoa” (environ 6.000 produits exportables sans taxes) ont atteint 44,2 milliards de dollars, soit 16% de plus qu’en 2005, mais les produits non pétroliers n’ont représenté que 7% du total à 3,2 milliards de dollars.

“Le Nigeria est l’un des plus grands bénéficiaires de l’Agoa car c’est dans ce cadre que nous exportons notre pétrole vers les Etats-Unis, sans droits de douane donc”, explique-t-elle à l’AFP. Depuis peu le Nigeria est devenu le troisième fournisseur d’or noir des Etats-Unis.

“Cette incapacité à utiliser le système Agoa pour exporter des produits autres que le pétrole n’est pas spécifique au Nigeria, elle est commune à tous les pays d’Afrique sub-saharienne”, poursuit Mme Abebe en citant en exemple le secteur du vêtement.

“Nous n’avons pas au Nigeria une très bonne industrie du vêtement, et si vous regardez ce qui rentre aux Etats-Unis, nous ne pouvons pas faire ça ici: on ne parle pas de qualité d’imprimé, de coupure ou de couture, on parle de production de masse”, poursuit Mme Abebe qui souhaite voir des investisseurs américains monter des usines au Nigeria: “la main d’oeuvre y est relativement bon marché comparé aux Etats-Unis et en plus grâce à l’Agoa ils pourront exporter vers les Etats-Unis sans droits de douanes”.

Le forum consacrera une session spéciale aux textiles et vêtements, secteur fortement concurrencé par l’Asie, ainsi qu’à l’agriculture et l’industrie de transformation agricole.

Afrique du Sud exceptée peut-être, la disparité entre pays pétroliers et non pétroliers est flagrante. Ainsi, selon un diplomate américain à Dakar, le Sénégal n’a exporté vers les Etats-Unis que 4 millions de dollars de produits en 2005. “A Accra nous allons demander ce que nous avons déjà demandé et redemandé: de la formation (…) car de nombreux exportateurs ne savent absolument pas quels sont les critères requis pour les produits d’exportations” sur le marché américain.

L’un des thèmes du forum sera précisément les normes de qualité permettant de pénétrer le marché américain.

Les pays éligibles au programme sont l’Afrique du sud, l’Angola, le Bénin, le Botswana, le Cameroun, le Cap Vert, le Congo, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Ethiopie, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, l’île Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda, Sao-Tomé, le Sénégal, les Seychelles, la Sierra Leone, le Swaziland, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie.

 18/07/2007 10:08:16 – © 2007 AFP