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Des postiers français manifestent à Paris, le 6 juin 2007 (Photo : Stéphane de Sakutin)

[06/06/2007 18:11:07] PARIS (AFP) Les postiers européens se sont mobilisés mercredi contre la libéralisation du service postal prévue à partir de 2009, dans le cadre d’une journée d’actions symboliques, qui ont pris souvent la forme de rassemblements ou d’arrêts de travail ponctuels.

Les postiers étaient invités, à l’appel de la fédération syndicale Uni-Europa, à exprimer leur refus d’une directive de la commission européenne prévoyant l’ouverture à la concurrence au 1er janvier 2009 de la distribution des lettres de moins de 50 grammes, dernière chasse gardée des monopoles historiques.

Cette journée d’action intervenait à la veille d’une réunion à Bruxelles des 27 ministres européens en charge des télécommunications pour discuter de cette directive.

Pour les syndicats d’Uni-Europa Poste, représentant plus d’un million d’employés des postes dans l’UE, la directive va “se traduire inévitablement par une recrudescence des fermetures de bureaux de poste, des suppressions d’emploi à grande échelle et une course au moins-disant sur les salaires et les conditions de travail du secteur postal en Europe”.

En France, des rassemblements généralement limités, ont eu lieu dans plusieurs grandes villes, (Lyon, Rennes, Marseille, Nantes, Lille), à l’appel de la CGT, la CFDT, FO et la CFTC. A Paris, environ 250 postiers se sont rassemblés devant la Poste du Louvre.

La direction de la Poste a comptabilisé 2,7% de grévistes au niveau national.

Mais L’Uni-Europa avait surtout appelé à des actions entre 12H00 et 14H00, et “la grève n’était pas une fin en soi”, a expliqué Jean-François Lascoux, de FO-Poste Ile-de-France.

Selon lui, des actions étaient prévues dans 18 des 25 pays de l’UE, qui refusent cette libéralisation et réclament un délai supplémentaire.

L’Allemagne, qui préside actuellement l’Union européenne, souhaite arriver à un compromis avant la fin juin, mais trop de divergences existent encore entre les Etats membres.

En Espagne, environ 5.000 personnes se sont rassemblées devant les 52 principaux bureaux du pays, selon le syndicat CCOO. Environ 400 personnes ont manifesté à Madrid, à l’appel du syndicat UGT et du syndicat libre de la poste.

Selon UGT, la directive entraînera de 20 à 30% de perte d’emplois à la poste espagnole, qui emploie environ 64.000 personnes.

En Belgique, les guichets de dix bureaux des principales villes du pays ont été fermés une heure, selon le syndicat chrétien CSC. La distribution du courrier n’a pas été perturbée.

Selon un syndicaliste, les salariés des sociétés qui concurrencent déjà la poste sur certains secteurs gagnent parfois jusqu’à 40% de moins que les facteurs belges, “ce qui fausse la concurrence”.

En Grèce, les 10.000 postiers ont également observé un arrêt de travail d’une heure, et des grévistes se sont rassemblés devant la poste centrale d’Athènes, à l’appel de la Fédération panhellénique des postiers (Post).

En Allemagne, des actions étaient prévues lors de la pause-déjeuner dans les centres de tri, selon le syndicat Verdi.

Des arrêts de travail étaient également prévus en Hongrie.

En Grande-Bretagne, le Communication Workers Union, principal syndicat de la poste, ne participait pas à la journée d’action, mais les résultats d’un vote de 127.000 postiers, a priori en faveur d’une grève, devaient être publiés mercredi, trois semaines après l’annonce de la fermeture d’environ un cinquième des bureaux de poste d’ici 2009.

Par ailleurs, une pétition lancée il y a sept mois par un eurodéputé belge a récolté près de 100.000 signatures.

 06/06/2007 18:11:07 – © 2007 AFP