British Airways à l’assaut d’Iberia pour créer un nouveau grand en Europe

 
 
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Des appareils d’Iberia sur le tarmac de l’aéroport de Barajas, à Madrid, le 10 juillet 2006 (Photo : Garcia Bru)

[23/04/2007 11:54:00] MADRID (AFP) Après des mois de rumeurs, la compagnie aérienne britannique British Airways a entamé des manoeuvres en vue de s’emparer de l’espagnole Iberia, pour créer un nouveau grand acteur dans le ciel européen, où les compagnies luttent pour grossir.

British Airways (BA) est déjà le premier actionnaire d’Iberia avec 10% du capital, et a annoncé lundi avoir “sollicité un certain nombre de fonds d’investissement en vue de faire une offre en consortium pour Iberia”, leader européen des vols transatlantiques vers l’Amérique latine.

Une alliance BA-Iberia viendrait talonner le plus grand groupe européen, le franco néerlandais Air France-KLM.

La compagnie britannique est donc enfin sortie du bois, après plusieurs mois de rumeurs autour de la compagnie espagnole, cible attractive en Europe pour plusieurs acheteurs potentiels.

Le fonds d’investissement Texas Pacific Group (TPG) a été le premier à frapper à la porte de l’espagnol le 30 mars, en annonçant envisager une offre de 3,60 euros par action, valorisant la compagnie à 3,4 milliards d’euros.

Une proposition indicative qui est en dessous de la valeur boursière de la compagnie, d’environ 3,7 milliards d’euros.

TPG et BA ne sont pas les seuls prétendants possibles. Le nom de Lufthansa est régulièrement avancé comme celui d’un éventuel repreneur dans un secteur en ébullition.

Les marges y sont en effet faibles et les compagnies cherchent à faire des économies d’échelle en grossissant, une nécessité rendue plus impérieuse encore par le futur accord “ciel ouvert” entre l’Europe et les Etats-Unis.

En vertu de cet accord, les compagnies pourront plus librement relier les deux rives de l’Atlantique, ce qui va accroître la concurrence.

Plusieurs fusions ont déjà eu lieu, comme Air France-KLM en 2004 et le mariage Lufthansa-Swiss en 2005. L’Etat italien cherche, lui, désespérement un repreneur pour Alitalia, en grande difficulté.

Iberia apparaît comme la prochaine sur la liste.

Elle a procédé à un sévère plan de réduction des coûts, offre de nombreuses liaisons avec l’Amérique latine, un marché où toutes les compagnies veulent prendre pied, et doit affronter sur son marché intérieur face les féroces “low-cost” (“bas prix”).

Le 21 mars, la compagnie sang et or a annoncé officiellement qu’elle était prête à s’unir, après avoir fait de l’oeil à d’autres compagnies européennes pendant des mois.

Elle est pour l’instant liée à British Airways (BA) et est membre de l’alliance aérienne Oneworld, pilotée par la compagnie britannique.

Cette dernière s’est opposée à l’accord ciel ouvert, qui va rogner son hégémonie sur les liaisons transatlantiques au départ de l’aéroport londonien d’Heathrow, le premier d’Europe.

Le texan TPG, pour sa part, est actuellement à la manoeuvre avec d’autres fonds pour mettre la main sur la compagnie australienne Qantas.

Lufthansa, quant à elle, a dit plusieurs fois qu’Iberia était “attractive”, mais trop chère.

La compagnie espagnole n’a fait aucun commentaire sur l’annnonce de BA, ajoutant n’avoir encore reçu aucune proposition.

La compagnie britannique, qui a “exclu de faire une offre indépendante” sur Iberia, et n’entend pas augmenter sa part capitalistique de 10%, n’a pas précisé l’identité des fonds démarchés, refusant également de révéler si TPG en faisait partie.

Autre nouveauté lundi: une part non-négligeable d’Iberia (6,7%) se retrouvera sous peu en vente. En effet, le groupe franco-espagnol de tabac, Altadis, a annoncé qu’il allait vendre des actifs non stratégiques, et même s’il refuse de confirmer que sa part dans Iberia figure sur la liste, cette vente ne fait guère de doute et risque de susciter des convoitises.

 23/04/2007 11:54:00 – © 2007 AFP