Endesa : le front anti-EON se renforce et se rapproche d’une victoire

 
 
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Logo d’Endesa (Photo : Jose Luis Roca)

[28/03/2007 19:56:12] MADRID (AFP) Le front des opposants à l’OPA du groupe allemand EON sur l’électricien espagnol Endesa s’est renforcé mercredi soir avec la décision de Madrid de ne pas vendre sa part à l’allemand, assurant ainsi qu’au moins 49% du capital lui échappera.

“Le conseil d’administration de la société d’Etat de participations industrielles (Sepi) a décidé, lors de sa réunion d’aujourd’hui, de ne pas verser sa part à l’OPA présentée par EON sur Endesa”, selon le communiqué de la holding des participations de l’Etat espagnol.

La Sepi contrôle 2,95% d’Endesa, qui viennent s’additionner aux 21,03% du groupe de BTP Acciona et aux 24,9% de l’électricien Enel. Ce sont donc près de 49% du premier électricien espagnol qui échappent d’ores et déjà à EON.

Le groupe allemand a lancé une OPA de 42,3 milliards d’euros, à 40 euros par action sur Endesa, qui expire le 3 avril, mais les deux premiers actionnaires du groupe, Acciona et Enel, veulent lancer un contre-offre à “au moins 41 euros” si EON ne réunit pas 50,01% du capital d’Endesa, ce qui semble désormais très probable.

La prise de position de la Sepi n’est pas vraiment une surprise étant donné que le gouvernement espagnol est opposé au projet d’EON et qu’il a pris plusieurs décisions depuis plus d’un an mettant des bâtons dans les roues allemandes, invoquant la nécessaire sécurité énergétique de l’Espagne.

Toutefois, la messe n’est pas forcement dite pour EON, dans ce dossier qui ne cesse de rebondir depuis le début, en septembre 2005.

En effet, l’allemand a passé un pacte avec le troisième actionnaire d’Endesa, la caisse d’épargne Caja Madrid, qui détient 9,9% du groupe, pour que les deux groupes s’allient dans le capital d’Endesa, où les droits politiques de tous les actionnaires sont limitées à 10%, peu importe leur participation.

Ainsi, une guerre de tranchée au sein d’Endesa se profile, avec d’une part Acciona et Enel, et d’autre part EON et Caja Madrid, soutenus par l’actuelle direction d’Endesa.

De plus, l’autorité des marchés financiers espagnols, la CNMV, a interdit à Acciona et Enel de lancer une offre pendant 6 mois à compter de la fin de l’OPA d’EON.

Mercredi à Londres, l’administrateur délégué d’Enel, Fluvio Conti, a cependant déclaré qu’il espérait accélérer les choses.

“Je m’attends à ce qu’EON ne dépasse pas les 50%. Nous lancerons l’OPA dès que possible et j’espère avant les six mois imposés par la CNMV”, a déclaré M. Conti.

Une des prochaines dates importantes sera le 11 avril, quand sera publié le résultat de l’OPA d’EON, qui décidera s’il abandonne ou non.

Lorsqu’il a lancé son OPA en février 2006, EON déclarait qu’une des conditions requises était de remporter au moins 50,01% du capital, mais depuis, il a revu ses ambitions à la baisse et s’est dit prêt à se contenter d’une participation minoritaire, quitte à continuer à acheter après sur le marché libre.

Sur le volet diplomatico-judiciaire de ce dossier, la Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle saisissait la Cour Européenne de Justice (CEJ) car elle reproche à Madrid de pas avoir supprimé, comme elle l’exige depuis plusieurs mois, les conditions imposées par Madrid à EON.

Elle considère que les Etats membres n’ont pas à poser de conditions pour les fusions de dimension européenne qu’elle a validées, ce que Madrid conteste.

Bruxelles a une fois de plus appelé l’Espagne à “éliminer immédiatement les obstacles illégaux” qu’elle a mis sur la route d’EON.

 28/03/2007 19:56:12 – © 2007 AFP