Arcelor Mittal, champion du CAC grâce à l’optimisme pour les prix de l’acier

 
 
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Le PDG d’Arcelor-Mittal Lakshmi Mittal en conférence de presse le 21 février 2007 au siège du groupe à Luxembourg (Photo : Jean-Christophe Verhaegen)

[22/02/2007 16:54:29] PARIS (AFP) Le géant de la sidérurgie Arcelor Mittal enchaîne les records à la Bourse de Paris, où il a déjà gagné 22,3% depuis le début de l’année, porté par l’optimisme des analystes qui attendent un rebond des prix de l’acier et une poursuite des acquisitions pour doper sa croissance.

L’action du groupe a clôturé jeudi à un nouveau sommet historique de 39,16 euros, en hausse de 1,35%, et a même grimpé en séance jusqu’à un plus haut de 39,72 euros, au lendemain de la présentation par le sidérurgiste de ses résultats 2006 et ses perspectives 2007.

Le titre continue ainsi d’afficher la plus belle performance des valeurs du CAC 40 depuis le début de l’année, quand l’indice vedette parisien se contente d’un gain d’un peu plus de 3%.

Les raisons de cette envolée sont nombreuses, selon les analystes, à commencer par l’espoir d’un rebond des prix de l’acier qui avaient souffert ces derniers mois de la chute des ventes des constructeurs automobiles américains, grands consommateurs d’acier plat, et d’une forte concurrence dans d’autres pays.

Exane BNP Paribas estime ainsi qu’ils ont atteint “un point bas aux Etats-Unis et en Europe du Sud”, et que le pire est passé.

Les prix de l’acier plat au carbone avaient reculé de 9% en Amérique du nord au quatrième trimestre, faisant plonger la marge du groupe dans cette zone à 15,2% (contre 18,6% au trimestre précédent), rappelle la maison de courtage.

“Nous avons le sentiment que les fondamentaux s’améliorent aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, ce qui devrait permettre des annonces de hausse des prix, et pensons que la Chine devrait se montrer moins agressive sur les marchés d’exportation”, ont renchéri les analystes de la Société Générale, qui jugent les perspectives du groupe “engageantes”.

Arcelor Mittal a déjà annoncé au début du mois une augmentation de 5% en moyenne du prix de ses produits d’acier plat au carbone en Europe à compter du 1er avril.

Autre motif d’optimisme, le groupe prévoit de dégager au premier trimestre quelque 500 millions d’euros de synergies grâce au rapprochement entre Mittal Steel et Arcelor.

Et le numéro un mondial, qui offre déjà une grande diversification géographique, avec une forte présence dans des marchés dynamiques comme le Brésil et l’Europe de l’est, alliée à une chaîne de production très intégrée (allant de l’extraction du minerai de fer à la fabrication des aciers spécialisés) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

“Les synergies de la fusion sont dans les temps et le groupe prévoit de continuer à croître grâce à de nouvelles acquisitions et l’extension d’usines existantes”, a résumé Alfred Glaser, analyste chez Crédit Agricole Cheuvreux.

Le PDG Lakshmi Mittal a révélé mercredi être sur les rangs pour la reprise de l’indien Sesa Goa, un exportateur de fer.

Par ailleurs, même à ses sommets actuels, l’action Arcelor Mittal reste une bonne affaire aux yeux des spécialistes, qui la jugent bon marché comparativement aux autres valeurs vedettes ainsi qu’à ses concurrents.

Malgré sa position de mastodonte dans son secteur, le groupe affiche une capitalisation boursière de 36 milliards d’euros “seulement”, la 12e du CAC 40. Le titre Arcelor Mittal se paye 8 fois le montant du bénéfice par action attendu cette année, selon le fournisseur de données Thomson Financial, contre une moyenne de 15 fois pour les groupes du CAC 40.

Du coup, la quasi-totalité des analystes de la place parisienne recommandent à leurs clients d’acheter les actions du groupe, qu’ils s’attendent à voir toucher de nouveaux sommets dans les 12 prochains mois, à 44 euros pour Merrill Lynch et Oddo Securities, 46 pour Crédit Agricole Cheuvreux, 47 pour la Société Générale et 50 pour Exane BNP Paribas.

A l’exception de Deutsche Bank, qui conseille seulement de “conserver” le titre, avec un objectif de 34 euros, en évoquant le “risque qu’Arcelor Mittal ne dépense trop dans de futures acquisitions”.

 22/02/2007 16:54:29 – © 2007 AFP