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Une pompe à essence (Photo : Behrouz Mehri)

[10/10/2006 20:04:44] NEW YORK (AFP) Les prix du pétrole ont clôturé en nette baisse lundi, les opérateurs se montrant sceptiques quant à la mise en oeuvre par l’Opep d’une réduction de sa production pour enrayer la récente chute des cours.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” pour livraison en novembre a terminé en baisse de 1,14 dollar à 58,52 dollars.

A Londres, sur l’IntercontinentalExchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 1,20 dollar à 59,34 dollars sur l’échéance de novembre.

Le ministre koweïtien de l’Energie Ali al-Jarrah al-Sabah a affirmé lundi que son pays était prêt à baisser sa production de pétrole pour sauvegarder “la stabilité du marché”.

Les ministres des 11 pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) “examinent une baisse (éventuelle) entre 700.000 barils par jour et un million de baril par jour”, a-t-il indiqué.

Mais le ministre koweïtien a aussi souligné n’avoir reçu aucune demande du président de l’Opep, Edmund Daukoru, de réduire la production de brut.

Celui-ci a proposé dimanche, dans une lettre à ses pairs, de baisser d’un million de barils par jour (mbj) le plafond de production du cartel, actuellement fixé à 28 mbj.

Cette décision “augmenterait de façon marginale les réductions de production déjà décidées le mois dernier par le Nigeria et le Venezuela”, a commenté Mike Fitzpatrick, de la maison de courtage Fimat.

En terme de volumes, le Nigeria s’est déjà engagé à réduire sa production de 120.000 barils par jour, le Venezuela de 50.000 barils par jour et l’Arabie saoudite s’est dit prête à assumer à elle seule une baisse de 300.000 barils par jour.

Mais les pays membres n’ont pas encore tous répondu officiellement à l’appel de M. Daukuru.

En conséquence, “le scepticisme a gagné les investisseurs, quant à la prise de décision d’une réelle baisse de production”, a estimé Mike Fitzpatrick.

James Williams, de WTRG Energy, évoquait de son côté le “dilemme” de l’Opep, les niveaux de production actuels de ses membres n’étant pas toujours conformes aux quotas.

“Si le cartel décidait effectivement de réduire sa production, des pays comme l’Algérie ou le Qatar, qui produisent déjà bien plus que les quotas, seraient confrontés à une baisse drastique de leur production”, a souligné l’analyste.

“Or il semble inconcevable que l’Algérie accepte de baisser sa production de 40%”, a-t-il poursuivi.

Pour l’instant, le Venezuela, l’Iran, le Koweït et l’Arabie saoudite se sont dits favorables à une baisse de la production, tandis que d’autres pays, comme l’Algérie, ont souhaité avant toute chose que la décision soit officialisée lors d’une réunion d’urgence de l’organisation, qui pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine à Vienne.

Selon James Williams, l’Opep doit désormais choisir de réduire sa production ou bien laisser les prix chuter suffisamment pour convaincre la majorité du cartel.

“De nouvelles tensions géopolitiques, notamment au Nigeria, pourraient de toute façon bousculer le marché à tout moment”, a estimé M. Fitzpatrick.

Mais les investisseurs n’ont pas paru s’inquiéter mardi de la violence au Nigeria, premier producteur d’Afrique, où des jeunes gens armés qui occupaient une station de pompage Shell dans le delta du Niger (sud) ont pris en otages 60 employés de la compagnie et de sociétés sous-traitantes.

Le département américain de l’Energie (DoE) a par ailleurs estimé que le prix du baril devrait avoisiner 67 dollars en janvier, dopé par la demande pour l’huile de chauffage, dans sa dernière étude mensuelle, publiée mardi.

Pour 2007, le ministère table sur un baril à 65,92 dollars, contre 66,86 dollars en 2006.

 10/10/2006 20:04:44 – © 2006 AFP