À Ecomondo, à Rimini, l’association italienne Assorecuperi alerte sur une possible dégradation de la collecte des vêtements usagés en 2027. Confrontée à la chute de la valeur de la seconde main, la filière réclame une contribution anticipée des producteurs pour couvrir ses coûts.
La seconde main finance de moins en moins la collecte
Le modèle économique italien de récupération textile se fragilise. Selon Pietro Luppi, responsable du secteur textile chez Assorecuperi, la multiplication des vêtements peu durables issus de l’ultra-fast fashion réduit les possibilités de revente, tandis que les coûts de transport augmentent et que les installations de tri approchent de la saturation.
La vente des vêtements réutilisables contribue traditionnellement au financement de la collecte, du transport et du traitement des articles sans débouché. Lorsque ces recettes diminuent, l’équilibre des entreprises chargées du service devient plus difficile à maintenir.
Assorecuperi évoque ainsi un risque de disparition de certains conteneurs de collecte dès 2027, sans préciser combien de communes pourraient être concernées.
Une réforme européenne attendue
L’Italie impose la collecte séparée des textiles depuis 2022. Selon l’institut public ISPRA, environ 180 000 tonnes de déchets textiles urbains ont été collectées séparément en 2024, soit 5,1 % de plus qu’en 2023.
L’organisme estime parallèlement à 725 000 tonnes les textiles présents dans les ordures résiduelles.
La directive européenne de 2025 prévoit des régimes de responsabilité élargie des producteurs pour les textiles et les chaussures. Assorecuperi demande une disposition transitoire permettant de mobiliser plus tôt leurs contributions, sans attendre le fonctionnement complet du futur dispositif.
Un enjeu également pertinent pour la Tunisie
Cette question intéresse la Tunisie, où la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement participe au projet méditerranéen Waste2Fashion, consacré notamment au transfert de technologies et au renforcement des compétences en collecte, tri et recyclage.
L’expérience italienne souligne un enjeu économique : développer les capacités techniques ne suffit pas. Une collecte régulière suppose aussi de financer le traitement des vêtements qui ne trouvent plus d’acheteurs.
CHIFFRES CLÉS
- 2027 : année à partir de laquelle Assorecuperi redoute une dégradation de la collecte italienne.
- 180 000 tonnes environ : collecte séparée de déchets textiles urbains en Italie en 2024.
- +5,1 % : évolution annuelle de cette collecte.
- 725 000 tonnes : estimation ISPRA des déchets textiles présents dans les ordures résiduelles en 2024.


