La 28e édition du Forum international du magazine Réalités s’est ouverte jeudi dans la ville de Hammamet sur le thème « Tunisie-Union européenne : le nouveau Pacte pour la Méditerranée à l’épreuve des chocs mondiaux ».

Cette rencontre, qui réunit des chercheurs et des experts en économie, en affaires et en relations internationales, est consacrée aux perspectives offertes à la Tunisie par ce nouveau pacte, ainsi qu’à l’avenir de ses relations avec l’Union européenne.

Dans une déclaration à l’agence TAP, le président du Forum Réalités , Taïeb Zahar, a souligné que le nouveau Pacte pour la Méditerranée constitue une importante opportunité devant permettre à la Tunisie de donner une nouvelle dimension à ses relations avec l’Union européenne.

Ce partenariat est appeler à évoluer vers une coopération plus globale et diversifiée et à ne plus se limiter aux échanges commerciaux établis depuis plus de 30 ans, a-t-il plaidé.

Et d’ajouter que ce nouveau mécanisme repose sur une approche renouvelée des relations entre l’Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée, visant à bâtir un espace euro-méditerranéen plus intégré, prospère et résilient face aux mutations mondiales.

Le pacte fixe trois priorités : le développement humain, le soutien à une économie durable et la coopération sécuritaire, notamment en matière de lutte contre la migration irrégulière, a-t-il indiqué.

Cette nouvelle orientation pourrait ouvrir à la Tunisie d’importantes perspectives pour proposer des projets structurants à forte valeur économique et sociale, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’économie verte et bleue, de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle et des infrastructures.

Il a notamment cité le projet du port en eau profonde d’Enfidha, estimant que cette infrastructure est susceptible d’attirer des investissements importants et de donner une nouvelle impulsion au développement global et durable du pays.

Il a également mis en avant les atouts comparatifs de la Tunisie, notamment sa position géographique stratégique au cœur de la Méditerranée, son riche patrimoine historique et la qualité de ses ressources humaines.

Taieb Zahar a également appelé à tirer profit des nouvelles orientations de l’Union européenne, notamment son intérêt croissant pour l’Afrique dans un contexte marqué par les changements climatiques et les mutations géopolitiques, considérant que la Tunisie constitue une porte d’entrée privilégiée vers le continent africain.

De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a estimé que les défis et les profondes mutations auxquels le monde est confronté, notamment les conflits et les changements climatiques, imposent de consolider les relations avec les partenaires du sud de la Méditerranée, en particulier à travers un renforcement de leur intégration dans les chaînes de valeur.

Ces défis nécessitent des partenariats durables avec des partenaires fiables et crédibles, en vue de bâtir des économies plus solides et d’accélérer la transition verte.

Abordant la question migratoire, le diplomate européen a plaidé pour une approche fondée sur le renforcement de la liberté de circulation et l’échange d’expériences, afin de contribuer à la construction d’économies plus fortes et de sociétés plus développées. L’objectif est de faire de la migration un levier de développement et un facteur de richesse plutôt qu’une source de menace, notamment en ce qui concerne la migration irrégulière.