La carte bioclimatique de la Tunisie qui date de 1976, ne reflète plus avec précision les caractéristiques climatiques actuelles du pays face aux changements climatiques accélérés des dernières décennies, a affirmé, mercredi, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh.

D’où l’urgence, selon lui, de la mettre à jour afin de fournir des données fiables adaptées aux exigences de la planification agricole.

S’exprimant à l’ouverture d’un atelier national consacré à la présentation des résultats du projet de mise à jour de cette carte bioclimatique, le ministre a précisé que son département avait confié ce projet en décembre 2025 au Centre National de la Cartographie et de la Télédétection (CNCT), avec un financement de la Banque mondiale.

Le projet vise essentiellement à intégrer les données climatiques les plus récentes et à prospecter les tendances climatiques à court et moyen termes.

La carte bioclimatique mise à jour sera intégrée au sein d’un Système d’Information Géographique (SIG), offrant une base de données avancée pour appuyer la prise de décision, orienter les politiques agricoles, améliorer la gestion des ressources en eau et renforcer la résilience des systèmes de production.

Le ministre a déclaré que cette mise à jour s’inscrit dans le cadre des efforts de modernisation des outils de planification agricole face aux défis grandissants du changement climatique qui se traduisent par la hausse continue des températures, la baisse et la variabilité des précipitations, ainsi que la fréquence accrue des sécheresses et des inondations, accentuant la pression sur les ressources en eau, particulièrement dans les zones arides et littorales.

Rappelant que le secteur agricole et de la pêche contribue à environ 10 % du Produit Intérieur Brut (PIB), il a estimé que les impacts climatiques sur ce secteur sont lourds à supporter sur les plans économique et social. D’ici 2030, ces dérèglements pourraient entraîner des pertes de 5 à 10 % du PIB agricole, en raison de la dégradation des nappes phréatiques, de la baisse des rendements, de la réduction des surfaces céréalières et arboricoles, ainsi que de l’augmentation des risques d’incendies.

La portée stratégique de ce projet, qui favorisera la révision de la carte agricole, permettra de réorienter la répartition géographique des cultures selon l’aptitude des sols et du climat, d’optimiser l’usage des ressources naturelles et d’assurer une production durable, a conclu le ministre.