La commission des services et du développement social au Conseil national des régions et des districts (CNRD) et la commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ont tenu, mardi, une séance conjointe consacrée à l’examen de la mission du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.
La ministre de la Famille, Asma Jabri a présenté, à cette occasion, un exposé sur les principaux programmes de la mission et les grands axes du projet de budget de son département pour l’année 2027.
L’enveloppe budgétaire du ministère s’élève à 331,690 millions de dinars (MD), répartis entre les dépenses salariales (58%), les dépenses de fonctionnement (6%), les dépenses d’investissement (21%) et les dépenses d’interventions (16 %), selon un communiqué du CNRD.
Les députés ont soulevé, lors de cette séance, les enjeux sociaux qui reflètent les mutations que connaît la société tunisienne, notamment avec le recul du rôle de la famille dans l’encadrement des jeunes, l’ancrage des valeurs de citoyenneté, de tolérance, de vivre-ensemble et de rejet de la violence, en plus de la hausse du taux du divorce.
Ils ont également évoqué les indicateurs démographiques issus du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, révélant un ralentissement du rythme de la croissance démographique et une accélération du vieillissement de la population.
A cet égard, plusieurs députés ont souligné la nécessité de développer les politiques de prise en charge et d’encadrement des seniors ainsi que de renforcer le rôle de l’État et de la société pour leur garantir les conditions d’une vie digne.
Concernant les affaires de la femme, les députés ont mis l’accent sur le manque des programmes d’accompagnement, de soutien et d’autonomisation économique de la femme, outre la question de la violence contre les femmes.
S’agissant du volet de l’enfance, les discussions ont porté sur les répercussions de l’addiction numérique chez les enfants, le développement de certaines formes de violence en milieu scolaire, la situation des enfants sans soutien familial, leur exploitation dans la mendicité et la traite des êtres humains ainsi que le manque d’établissements de protection de l’enfance dans plusieurs régions.
Au sujet des personnes âgées, les députés ont relevé la portée limitée du système de prise en charge et de soins en raison de la rareté des centres d’hébergement et du nombre réduit d’équipes mobiles spécialisées pour couvrir toutes les régions.
Dans sa réponse, la ministre a mis l’accent sur l’importance de développer des politiques publiques adaptées aux évolutions et aux nouveaux besoins que connait la société, rappelant le plan national de préparation à la vie conjugale et les programmes d’accompagnement des parents pour les aider à comprendre les spécificités des nouvelles générations.
Dans le domaine de l’autonomisation économique, elle a mis en exergue la multiplicité des programmes d’intégration et des interventions destinés aux catégories concernées, ajoutant que l’action est orientée vers l’unification des programmes et le renforcement de la coordination entre les différents ministères et structures intervenantes afin de garantir une plus grande complémentarité et efficacité lors de leur exécution. Il s’agit également de créer des équipes spécialisées dans la prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences dans les différentes régions du pays.
Concernant les personnes âgées, la ministre de la Famille a indiqué que son département engage une action visant à améliorer la prise en charge de ces catégories à travers la révision du décret régissant les centres d’hébergement et la modification du cahier des charges régissant leur activité. L’objectif, a-t-elle dit, est d’améliorer la qualité des services rendus.


