
Une moto volée, un gagne-pain disparu
À seulement 19 ans, Nouri connaît déjà les responsabilités de la vie adulte. Orphelin de père, ce jeune habitant de Téboulba travaille pour contribuer aux besoins de sa famille. Son métier : vendre du poisson, une activité profondément ancrée dans l’identité économique de cette ville côtière du gouvernorat de Monastir.
Pour exercer son commerce ambulant, il disposait d’une petite moto, son principal outil de travail. Mais le vol de ce véhicule est venu bouleverser son quotidien, le privant brutalement des moyens nécessaires pour gagner sa vie.
Dans une situation où chaque journée de travail compte, cette perte aurait pu compromettre durablement son activité.
Quand toute une ville se mobilise
L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais à Téboulba, le malheur de Nouri a suscité une réaction collective.
Alertés notamment par un habitant prénommé Ali, qui a relayé sa situation sur les réseaux sociaux, des citoyens ont décidé de lui venir en aide.
La mobilisation a rapidement dépassé le cercle du voisinage. Des habitants de la région, mais également des Tunisiens résidant à l’étranger, ont participé à cet élan de solidarité.
Une première aide lui a permis de retrouver une moto. Mais les initiatives ne se sont pas arrêtées à ce remplacement.
Grâce aux contributions recueillies, Nouri a pu disposer d’une poissonnerie équipée, lui offrant des conditions de travail plus stables et de nouvelles perspectives professionnelles.
Son histoire, rapportée notamment par Jawhara FM le 19 octobre 2026, a suscité une forte émotion.
Plus qu’un geste de générosité, un investissement dans l’avenir
Ce qui distingue cette initiative d’une opération classique de bienfaisance, c’est sa dimension économique.
Les donateurs ne se sont pas limités à compenser une perte matérielle. Ils ont contribué à donner au jeune poissonnier les moyens de développer son activité et de construire progressivement son autonomie.
En passant du commerce ambulant à une poissonnerie équipée, Nouri bénéficie désormais d’un outil professionnel susceptible de renforcer la stabilité de ses revenus.
Cette démarche illustre une forme de solidarité productive : aider une personne à travailler plutôt que lui apporter uniquement une assistance ponctuelle.
Une leçon venue de Téboulba
Dans une Tunisie confrontée aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes et à la fragilité de nombreuses petites activités, l’histoire de Nouri prend une résonance particulière.
Elle montre comment une mobilisation locale, amplifiée par les réseaux sociaux et soutenue par la diaspora, peut déboucher sur une réalisation concrète.
Elle rappelle également l’importance des liens de proximité dans les villes et les régions, où l’entraide demeure parfois une réponse immédiate aux difficultés économiques.
À Téboulba, une moto volée aura finalement été le point de départ d’une aventure humaine inattendue.
Nouri n’a pas seulement retrouvé son outil de travail. Grâce à la générosité de ses concitoyens, il a surtout gagné une chance supplémentaire de construire son avenir.


