Lauréat du Prix du meilleur jeune économiste 2026, Adrien Bilal défend une conviction : combattre le changement climatique n’est pas un obstacle à la croissance économique. Dans une tribune publiée par Le Monde le 31 octobre 2026, le chercheur de Stanford souligne les coûts considérables du réchauffement et les bénéfices économiques d’une réduction des émissions de CO₂.
Le changement climatique menace la richesse mondiale
Le réchauffement climatique ne constitue pas seulement une menace environnementale. Il représente également un risque majeur pour la production, les revenus et les finances publiques.
Selon les estimations présentées par Adrien Bilal, chaque degré supplémentaire de réchauffement mondial pourrait réduire le PIB par habitant de 20 à 30 % à long terme. Une hausse additionnelle de deux degrés d’ici à 2100 pourrait diminuer de moitié le pouvoir d’achat par rapport à une trajectoire sans réchauffement.
Ces pertes économiques résulteraient notamment de la multiplication des sécheresses, des canicules et des événements météorologiques extrêmes.
Pour l’économiste, les dommages climatiques pourraient également amputer la croissance annuelle de près d’un point, fragilisant davantage les équilibres budgétaires.
Réduire les émissions peut devenir économiquement rentable
Contrairement à l’idée selon laquelle les politiques climatiques pénaliseraient nécessairement l’activité, Adrien Bilal soutient qu’une décarbonation bien conçue peut favoriser la croissance à long terme.
Il estime notamment que l’Union européenne aurait intérêt à réduire unilatéralement les deux tiers de ses émissions, même sans accord mondial.
Selon les calculs qu’il présente, cette stratégie pourrait générer environ 300 milliards d’euros de retombées annuelles pour l’Union européenne, avec un coût quatre fois inférieur. Les bénéfices pour la France atteindraient une quarantaine de milliards d’euros.
Ces résultats restent des estimations économiques dépendantes des hypothèses de modélisation.
Adaptation et transition : deux impératifs complémentaires
La réduction des émissions ne suffira cependant pas à supprimer les conséquences déjà engagées du réchauffement.
Adrien Bilal insiste aussi sur l’adaptation des bâtiments, des territoires et des infrastructures aux risques climatiques.
Son analyse replace ainsi la transition écologique au cœur des choix économiques : agir aujourd’hui suppose des dépenses immédiates, mais pourrait éviter des pertes beaucoup plus importantes aux générations futures.
Les anciens lauréats du Prix du meilleur jeune économiste (2000–2025)
| Année | Lauréat(s) |
|---|---|
| 2025 | Antonin Bergeaud |
| 2024 | Alexandra Roulet |
| 2023 | Julia Cagé et Vincent Pons |
| 2022 | Éric Monnet |
| 2021 | Xavier Jaravel |
| 2020 | Isabelle Méjean |
| 2019 | Stefanie Stantcheva |
| 2018 | Gabriel Zucman |
| 2017 | Antoine Bozio |
| 2016 | Camille Landais |
| 2015 | Pascaline Dupas |
| 2014 | Augustin Landier |
| 2013 | Emmanuel Farhi |
| 2012 | Hippolyte d’Albis |
| 2011 | Xavier Gabaix |
| 2010 | Emmanuel Saez |
| 2009 | Yann Algan et Thomas Philippon |
| 2008 | Pierre-Olivier Gourinchas |
| 2007 | David Thesmar |
| 2006 | Thierry Mayer et Étienne Wasmer |
| 2005 | Esther Duflo et Elyès Jouini |
| 2004 | David Martimort |
| 2003 | Pierre-Cyrille Hautcœur |
| 2002 | Philippe Martin et Thomas Piketty |
| 2001 | Pierre Cahuc |
| 2000 | Bruno Amable et Agnès Bénassy-Quéré |


