La mise en service des équipements de la gigafactory Gotion débutera la semaine du 20 octobre 2026. Avec 1,3 milliard de dollars d’investissement annoncé et une capacité prévue de 20 GWh par an, le Maroc franchit une étape industrielle. Reste à mesurer la production réelle et l’intégration locale.

La gigafactory de Gotion Power Morocco, implantée dans l’Atlantic Free Zone de Kénitra, s’apprête à entrer dans sa phase de mise en service. Selon l’annonce du 12 octobre, les opérations débuteront durant la semaine du 20 octobre, après l’achèvement des infrastructures de l’usine.

Cette échéance marque le passage du chantier à la préparation industrielle, mais ne signifie pas encore une production commerciale à pleine capacité.

Une capacité initiale de 20 GWh

La première phase représente un investissement annoncé d’environ 1,3 milliard de dollars, pour une capacité nominale de 20 gigawattheures par an.

L’usine doit fabriquer des cellules lithium-fer-phosphate (LFP), destinées aux véhicules électriques et au stockage d’énergie. Les marchés visés comprennent le Maroc, l’Afrique, l’Europe, le Moyen-Orient et les États-Unis.

L’enjeu immédiat sera de transformer cette capacité théorique en volumes effectivement produits, puis commercialisés.

Plus de 400 recrutements annoncés

Sur le volet social, Gotion déclare avoir recruté plus de 400 collaborateurs marocains, notamment des ingénieurs, techniciens et opérateurs. La plupart ont bénéficié d’une formation dans les usines chinoises du groupe.

Ces recrutements constituent un premier indicateur, sans suffire à mesurer l’ensemble des emplois qui seront effectivement générés par la montée en puissance du site.

L’intégration locale, véritable enjeu

La question industrielle dépasse désormais les lignes de production.

Le 28 septembre, Volkswagen, PowerCo et Gotion ont annoncé un partenariat prévoyant une unité de matériaux de cathode à Kénitra, détenue à 51 % par Gotion et à 49 % par PowerCo. Ce projet est distinct de la mise en service annoncée en octobre.

Pour le Maroc, l’enjeu sera de développer un réseau de fournisseurs et de mesurer la part des composants produits localement.

 

À ce stade, aucun taux d’intégration locale vérifiable n’est disponible. Les volumes réellement fabriqués, les achats auprès d’entreprises marocaines et les emplois supplémentaires restent également à documenter.

La réussite industrielle de Kénitra se mesurera moins à la date de démarrage qu’à sa capacité à transformer cet investissement en production, compétences et valeur ajoutée locales.