La Tunisie projette de réaliser le premier, recensement général agricole numérique 2026-2027, de son histoire, tout en prévoyant de le finaliser avant la saison agricole 2027-2028. L’objectif est de mettre en place une base de données référentiels et des indicateurs numériques modernes sur le secteur agricole, ce qui devrait renforcer la planification stratégique, améliorer la gestion des programmes de développement et stimuler l’investissement.

Ce projet national devrait permettre de collecter des données exhaustives sur la structuration du secteur agricole et des spécificités des exploitations agricoles et leur distribution géographique, à même de fournir des nouveaux indicateurs qui serviront à déterminer les potentialités de production et à évaluer les besoins du secteur à double niveau national et régional.

Les résultats du recensement devraient également contribuer à renforcer la prise de décision économique, à améliorer l’orientation des investissements et des programmes économiques et à consolider la capacité des structures concernées à élaborer des politiques répondant aux spécificités des zones agricoles et leurs défis, surtout en ce qui concerne les ressources naturelles et la durabilité de la production.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre des efforts consentis par la Tunisie pour accélérer la numérisation du secteur agricole, développer les outils du recensement et de la planification, afin de renforcer la capacité du secteur agricole à faire face aux défis climatiques et économiques et à améliorer l’exploitation des ressources disponibles.

Une base de données pour renforcer l’investissement et le développement agricole

Le chargé de la gestion de la direction générale des études et du développement agricole au ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, Nabil Zarrouk, a fait savoir dans une déclaration à l’agence TAP, en marge d’un cycle de formation sur le recensement général agricole, organisé les 12 et 13 octobre 2026, au Centre Africain du perfectionnement des journalistes et communicateurs (CAPJC), en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, que le projet demeure encore dans sa phase préparatoire, puisqu’il s’agit d’un grand projet national, perçu comme la plus large opération de statistique exhaustive dans le pays.

il a précisé que la saison agricole 2025-2026 représente une saison référentielle pour le recensement, alors que le projet se réalisera au cours de la saison ultérieure, indiquant qu’une journée d’information sera programmée le 30 octobre 2026, au cours de laquelle, le ministre de l’Agriculture proclamera la date du lancement de l’opération.

Le responsable a fait observer que le recensement vise à fournir une base de données référentielle et des indicateurs numériques modernes sur le secteur agricole, outre la préparation des bases de données numériques géographiquement liées aux exploitations agricoles, ce qui devrait servir à bâtir des stratégies sectorielles sur des bases solides et à améliorer l’orientation des programmes et des projets de développement.

Les données qui seront fournies permettront de stimuler l’investissement, de promouvoir les petites et moyennes exploitations agricoles et les sociétés communales outre la valorisation du stock foncier, à même de contribuer au développement économique dans le pays, a-t-il noté.

Zarrouk a évoqué l’adoption d’une méthode axée sur l’exploitation agricole, étant donnée qu’elle représente l’unité de base du recensement, précisant que le sondage couvrira un ensemble de volets, à l’instar de la définition de l’exploitation, de la main-d’œuvre, des équipements agricoles utilisés, des grandes cultures, des arbres fruitiers outre les crédits bancaires et l’assurance agricole.

Mobilisation des ressources propres

S’agissant de la réalisation du recensement, le responsable a fait savoir que le ministère de tutelle reposera sur ses propres moyens logistiques et humains, tout en s’appuyant sur une grande partie des agents relevant des commissariats régionaux du développement agricole répartis à travers tout le pays. Il a affirmé que le département ministériel à entamé la formation des agents concernés, quitte à poursuivre les cycles de formation pour couvrir trois axes fondamentaux, à savoir les systèmes informatiques, les aspects techniques et la géographie numérique afin de garantir une meilleure exécution des opérations du recensement.

En outre, les services du ministère de tutelle superviseront le projet en collaboration avec un nombre d’entreprises et des structures publiques, notamment l’Institut National de la Statistique, l’Office des Céréales, et Tunisie Télécom, qui fournit le soutien technique nécessaire pour sa réalisation, selon lui.

Il a considéré que l’adoption de la numérisation représente l’une des spécificités les plus marquantes dans le recensement. Ainsi, les agents du recensement vont exploiter des tableaux numériques pour introduire les données sur terrain, à condition que ces données seront transférées vers les structures centrales pour les contrôler et les adopter, puis les insérer sur la plateforme fournie par Tunisie Télécom.

Zarrouk a insisté sur l’impératif de la protection des données personnelles et le respect du secret qui représente deux principes fondamentaux dans l’exécution de l’opération, affirmant que les données collectées demeureront exclusives auprès des responsables du ministère de l’agriculture et des superviseurs du recensement, et ne doivent pas être publiées.

Il a, dans le même contexte, exhorté les agriculteurs à adhérer à ce projet national et à collaborer avec les équipes du recensement, considérant que la réussite de l’opération demeure tributaire de leur participation et de la fourniture des données nécessaires sur leurs exploitations.

Les données qui seront collectées vont aider à élaborer des stratégies et des programmes répondant aux besoins du secteur, et contribueront à garantir la durabilité de l’activité et des exploitations agricoles, a encore souligné Zarrouk.

Il convient de noter que, le gouvernement a examiné, lors d’un conseil ministériel restreint en avril 2025, les préparatifs de la réalisation du premier recensement général de l’agriculture, tout en mettant en relief l’importance de la mise en place d’une base de données référentielle et des indicateurs numériques modernes .