Un an après l’IATF 2025 d’Alger, le chiffre de 48,3 milliards de dollars continue d’être présenté comme la principale mesure du succès de l’événement. Mais pour juger de son impact économique, une autre donnée devient centrale : combien de ces accords ont réellement été exécutés ?
Le montant est spectaculaire. 48,3 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissement avaient été annoncés à la clôture de l’IATF 2025 organisée à Alger.
Le chiffre a été remis en avant début septembre par l’APS, citant Afreximbank et soulignant la contribution de la foire à la dynamique des échanges intra-africains.
Mais il faut distinguer le volume des accords signés de celui des transactions réellement réalisées.
Les 48,3 milliards de dollars ne représentent pas 48,3 milliards d’exportations déjà livrées, payées et comptabilisées dans les statistiques commerciales. Le total publié par Afreximbank englobe des accords commerciaux et d’investissement, dont l’exécution peut s’étaler dans le temps ou dépendre de financements, d’autorisations et de conditions contractuelles.
L’Algérie au cœur du chiffre
Sur ce montant, 11,4 milliards de dollars étaient attribués aux opérateurs algériens, soit près de 23,6 % du total annoncé.
Afreximbank avait également évoqué 11,6 milliards de dollars supplémentaires d’opportunités ou d’engagements à l’exportation au bénéfice d’entreprises algériennes.
Ces deux enveloppes ne doivent toutefois pas être additionnées comme si elles correspondaient toutes à des contrats déjà exécutés.
C’est désormais là que se situe le véritable test économique : quelle part des 11,4 milliards de dollars a donné lieu à des livraisons, des paiements, des investissements effectivement engagés ou des financements décaissés ? Et combien des 11,6 milliards d’opportunités supplémentaires ont finalement été convertis en contrats fermes ?
À ce stade, les sources publiques consultées ne donnent pas de taux consolidé d’exécution de l’IATF 2025.
Le vrai indicateur manque encore
Le sujet est loin d’être secondaire. Selon Afreximbank, le commerce intra-africain représentait environ 220,3 milliards de dollars en 2024, soit seulement 14,4 % du commerce total du continent.
Les 48,3 milliards annoncés à Alger représentent donc, sur le papier, près de 22 % de la valeur annuelle du commerce intra-africain de 2024.
À cette échelle, le taux de réalisation change complètement la lecture du bilan.
Afreximbank avait d’ailleurs publié ce type de suivi pour une précédente édition : sur environ 32 milliards de dollars d’accords conclus à l’IATF 2018, près de 25 milliards avaient ensuite été déclarés exécutés.
Un an après Alger, le succès de l’IATF ne se mesure donc plus seulement au montant signé pendant la foire. Il se mesure à sa transformation en commerce réel, en investissements et en financements effectivement déployés.
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Chiffres clés
- 48,3 milliards USD : accords commerciaux et d’investissement annoncés à l’IATF 2025.
- 11,4 milliards USD : part attribuée aux opérateurs algériens.
- 23,6 % : poids de l’Algérie dans le montant total annoncé.
- 11,6 milliards USD : opportunités et engagements supplémentaires annoncés pour l’Algérie.
- 220,3 milliards USD : commerce intra-africain en 2024.
- 14,4 % : part du commerce intra-africain dans le commerce total africain.
- Taux d’exécution IATF 2025 : non publié à ce stade.
Qu’est-ce que l’IATF ?
L’Intra-African Trade Fair (IATF) est une foire commerciale panafricaine portée par Afreximbank avec l’appui de l’Union africaine et du secrétariat de la ZLECAf. Elle réunit entreprises, investisseurs, institutions financières et décideurs publics autour d’un objectif : développer les échanges et les investissements entre pays africains.
L’IATF combine expositions, rencontres B2B, conférences et annonces de financement. Les montants publiés à la clôture correspondent généralement à des accords commerciaux, des projets d’investissement, des facilités de financement ou des engagements conclus pendant l’événement. Ils ne doivent donc pas être assimilés automatiquement à des flux commerciaux déjà réalisés.


