
La situation intéresse directement la Tunisie. À fin juin 2026, les achats d’électricité à l’étranger, principalement auprès de l’Algérie, couvraient environ 10% des besoins du marché tunisien, selon les données de l’Observatoire national de l’énergie et des mines.
Cette dépendance contient une vulnérabilité particulière : les besoins tunisiens et algériens augmentent souvent au même moment. Une vague de chaleur régionale ne permet donc pas nécessairement à Tunis de compenser facilement son déficit en allant chercher davantage de mégawatts chez son voisin.
C’est toute la différence entre disposer d’une interconnexion et disposer d’une capacité d’importation garantie.
L’Algérie a certes renforcé son dispositif avant l’été. Sonelgaz avait annoncé l’injection de plus de 1 855 MW de capacité supplémentaire et le renforcement du réseau de transport. Mais le record de juillet montre l’ampleur de la croissance de sa propre demande.
Pour la Tunisie, le scénario le plus délicat serait ainsi une coïncidence entre trois événements : une pointe nationale proche des records de juillet, une disponibilité réduite de certaines unités de production et une demande algérienne suffisamment forte pour limiter les possibilités d’importation.
Dans ce cas, l’équilibre du réseau tunisien dépendrait davantage de la puissance réellement disponible dans les centrales, de la contribution du solaire, de la gestion de la demande et, en dernier ressort, des délestages.
La prochaine vague de chaleur ne testera donc pas uniquement la STEG. Elle testera la capacité de l’ensemble du système électrique maghrébin interconnecté à absorber des pointes simultanées.
Les chiffres clés
- 6 400 MW : Le pic record de consommation électrique rapporté en Tunisie en juillet 2026, selon des déclarations de responsables du secteur. Ce niveau doit encore être verrouillé par une donnée primaire de la STEG précisant la date et l’heure exactes.
- 5 175 MW ; Le précédent niveau de pointe indiqué pour 2025, selon les données communiquées dans le cadre des annonces sur le renforcement des capacités de production.
- 4 630 MW : La puissance développable affichée par la STEG. Elle ne correspond pas nécessairement à toute la puissance effectivement disponible à chaque instant.
- ≈ 10 % : La part des besoins du marché tunisien couverte par les achats d’électricité à l’étranger à fin juin 2026, principalement en provenance d’Algérie.
- 21 378 MW : Le nouveau pic de consommation enregistré en Algérie le 13 juillet 2026, dans un contexte de fortes chaleurs. Une donnée stratégique pour la Tunisie, qui compte sur les échanges transfrontaliers pour compléter son offre.
- +1 855 MW : La capacité supplémentaire que Sonelgaz avait annoncé mobiliser pour renforcer le système électrique algérien avant l’été 2026.
- 40 à 46°C : Les températures maximales annoncées dans plusieurs régions tunisiennes lors du nouvel épisode de chaleur attendu à partir du 22 août, avec un pic attendu dimanche et lundi.
- +6 à +10°C : L’écart possible par rapport aux normales saisonnières, selon les prévisions météorologiques relayées.
- 630 MW : La capacité photovoltaïque décentralisée recensée en Tunisie à fin juin 2026 : environ 500 MW dans le résidentiel et 130 MW en moyenne et haute tension.
- +6 % : La progression de la consommation électrique liée au pompage agricole à fin juin 2026, un facteur supplémentaire de pression sur le réseau lors des épisodes de forte chaleur.


