Energie photovoltaiquePour relever le principal défi de l’exploitation optimale de l’énergie solaire pour la production d’électricité, en l’occurrence, l’intermittence, voire l’irrégularité de la production, le département de l’énergie a décidé, semble t-il, d’accompagner, dès la conception les projets par une option pour des systèmes de stockage par batterie (BESS) .

La raison est simple : contrairement aux centrales nucléaires ou à certaines centrales thermiques, longues à démarrer, les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire sont rapidement mobilisables mais dépendantes des conditions météorologiques. Leur production est intermittente, ce qui complique l’équilibrage du réseau et peut entraîner des risques de surcharge ou de pénurie d’électricité.

Les BESS, de quoi s’agit-il ?

D’où l’enjeu pour le réseau d’ajuster en permanence l’électricité produite à la consommation. Les pics de demande (matin, soir, hiver) mettent l’infrastructure sous tension, tandis que les creux de consommation entraînent un surplus difficilement valorisable. Une mauvaise gestion de cet équilibre peut entraîner des coupures d’électricité en cas de demande excessive et un gaspillage d’énergie lorsque l’offre dépasse la demande.

Pour surmonter ces défis, le stockage de l’énergie se présente comme une solution incontournable. « En théorie, il permet d’absorber les surplus et de restituer l’électricité lorsque la demande augmente. En particulier, les systèmes de stockage par batterie (BESS) offrent une flexibilité inégalée pour stabiliser le réseau et favoriser l’intégration des énergies renouvelables ».

« Les systèmes de stockage par batterie (BESS) offrent une flexibilité inégalée pour stabiliser le réseau et favoriser l’intégration des énergies renouvelables. »

Les premiers projets

C’est dans cet esprit que le département de l’énergie perçoit a conçu deux nouveaux projets.

Le premier, objet d’un appel d’offres en cours, porte sur la construction sur une superficie de 400 hectares, à Bazma (région de Kebili)  d’une « Centrale photovoltaïque de 300 MW intégrant un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) 150MW/540MWh.

Le projet solaire, qui  sera réalisé, sous le régime des concessions, est le premier appel d’offres en Tunisie combinant à la fois la construction d’une centrale solaire et la mise en place d’un système de stockage par batterie.

Le  second projet sera réalisé, à Beni M’hira (région de Tataouine),  par la STEG moyennant un crédit de 40 millions d’euros en cours de négociation avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L’information est parue, ces derniers jours, sur le site de la BERD.

Dans le détail on y lit : « la Berd accorderait un prêt senior d’un montant maximal de 40 millions d’euros à la STEG pour financer la construction et le développement d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWac, équipée d’un système de stockage d’énergie par batterie de 20 MWh, ainsi que l’infrastructure de transport à haute tension associée pour intégrer le projet au réseau électrique à Beni M’hira, dans le gouvernorat de Tataouine ». Le site ajoute un élément d’information importante : » la date d’approbation est prévue pour  le 17 juin  prochain ».

D’après les observateurs de la transition énergétique en Tunisie, ces premiers investissements dans les  systèmes (BESS) devrait contribuer à libérer le potentiel des énergies renouvelables en remédiant à l’intermittence laquelle a été, jusqu’ici, un obstacle majeur au déploiement de nouvelles énergies renouvelables.

ABOU SARRA

EN BREF

  • Virage stratégique : Adoption systématique des systèmes BESS pour stabiliser le réseau électrique.
  • Projet Phare : Centrale de 300 MW à Bazma intégrant 540 MWh de stockage.
  • Financement : Négociation d’un prêt de 40 millions d’euros avec la BERD pour le projet de Beni M’hira.
  • Acteurs clés : Ministère de l’Énergie, STEG et investisseurs privés sous régime de concessions.
  • Impact : Élimination de l’obstacle de l’intermittence pour accélérer la transition énergétique.