UE : Valls plaide pour une politique de change européenne

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ée à Paris (Photo : ALAIN JOCARD)

[06/05/2015 13:45:52] Paris (AFP) Manuel Valls a plaidé mercredi pour la mise en place d’une “politique de change européenne dans le respect (…) de l’indépendance de la BCE”, lors d’une communication sur “le projet européen de la France” en Conseil des ministres.

Objectif de cette allocution, à trois jours de l’anniversaire de la déclaration Schuman: tordre le cou à l’idée “selon laquelle la France n’a pas de projet pour l’Europe”, selon un conseiller de Matignon… et inciter les ministres à être plus assidus aussi bien aux Conseils européens qu’au Parlement européen.

“Nous devons (…) réfléchir à la mise en place d’une politique de change européenne – dans le respect, bien sûr de l’indépendance de la BCE. La zone euro ne peut pas être la variable d’ajustement des politiques de change des autres grandes zones monétaires”, a souligné le Premier ministre.

Rappelant qu’il avait protesté l’an dernier contre “l’euro trop fort”, Manuel Valls a au demeurant salué la politique monétaire “propice à la reprise” mise en ?uvre par la Banque centrale européenne, qui a permis une baisse de 20% de l’euro par rapport au dollars.

De manière plus générale, il a plaidé pour la mise en place d’un “véritable pilotage de nos politiques économiques au niveau de la zone euro”.

Pour le chef du gouvernement, “l’analyse économique de la zone euro” doit être envisagée “dans son ensemble, alors qu’on se concentre aujourd’hui sur la situation individuelle de chaque pays”. “Les politiques de compétitivité doivent elles aussi être coordonnées pour éviter une course au moins-disant -cotisations les moins élevées, salaires les plus bas- qui serait perdante pour tout le monde”, a-t-il souligné.

L’UE doit aussi selon lui “lutter contre toutes les formes d’optimisation fiscale abusive”. “Nous devons veiller au respect d’un principe simple: les entreprises doivent être taxées en Europe là où elles réalisent leurs profits”, a-t-il déclaré.

Rappelant que “cinq millions de jeunes Européens sont aujourd’hui au chômage”, le chef du gouvernement a regretté que le programme d’échange universitaire Erasmus soit trop “élitiste” et appelé à la mise en place d’un “Erasmus professionnel qui permettrait la création d’un statut de l’apprenti européen et le lancement d’une carte étudiante européenne, qui offrirait aux jeunes un accès simplifié à certains droits et services (bibliothèques, logement, restauration universitaire, etc.)”.

Il s’est aussi efforcé de faire taire les critiques de la droite à l’égard de Schengen en prônant la transformation de Frontex, l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’espace Schengen, en un “vrai système de gardes-frontières européen”.

Il a également invité l’Europe à “parler d’une seule voix lors de la conférence Paris Climat 2015”, et à ne pas baisser la garde dans les cadre de la négociation du partenariat transatlantique. “Nous devons continuer à défendre nos normes sociales, sanitaires et environnementales, notre modèle alimentaire -et notre exception culturelle”, a-t-il estimé.

S’il s’est félicité que la “voix de la France (ait) été entendue” sur de nombreux sujets, le Premier ministre a conclu son discours en demandant aux membres du gouvernement d’être plus présents dans les instances européennes.

“En accord avec le président de la République, je demande à chaque membre du gouvernement de participer systématiquement aux Conseils de l?UE, d?assurer une présence plus soutenue au Parlement européen ? je m?y rendrai moi-même une première fois en tant que Premier ministre prochainement ? et de se déplacer plus régulièrement dans les pays européens”, a exhorté le Premier ministre.