Arrivée de Netflix : les producteurs en appellent à Filippetti

Par : AFP
d10508ec4fdc2c398922003bd7e9c2411e2bdf13.jpg
çaise de la Culture Aurelie Filipetti le 16 septembre 2013 au musée du Quai Branly, à Paris (Photo : Kenzo Tribouillard)

[24/03/2014 19:54:06] Paris (AFP) L’Union des producteurs de films a écrit lundi à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti lui enjoignant de rester ferme face à l’arrivée d’une “concurrence frontale autant que déloyale” de groupes internationaux, allusion claire à l’Américain Netflix.

“Il n’est pas question, Madame la ministre, ni d’assouplir, ni de marchander, ni d’aménager les lois et règles construites et voulues par le législateur et les accords interprofessionnels pour organiser l’arrivée d’une concurrence frontale autant que déloyale de groupes internationaux”, écrit Alain Terzian, président de l’UPF, qui ne cite jamais le groupe américain de vidéos en ligne par abonnement (SVOD) ou un autre.

Selon l’UPF, ces groupes internationaux “pousseront légitimement nos groupes nationaux à remettre en cause l’ensemble de leurs obligations, ce qui engendrerait mécaniquement l’implosion de notre modèle culturel et détruirait rapidement notre tissu créatif et une cinématographie que le monde nous envie”.

“Nous devons fièrement et légitimement imposer à tous ceux qui convoitent notre marché qu’ils sont les bienvenus s’ils respectent rigoureusement et sans exception l’ensemble du corpus qui a fait nos succès en France et au-delà”, écrit encore l’UPF.

Les représentants de la filière cinéma et audiovisuelle ont été reçus vendredi au ministère de la Culture, en amont d’une rencontre avec des représentants de Netflix, qui devait avoir lieu ce lundi.

Le géant américain de la SVOD, Netflix, compte déjà plus de 46 millions d’abonnés et a annoncé son intention de lever de l’argent frais pour financer une “expansion importante en Europe plus tard cette année”.

Il n’a pas précisé dans quels pays il comptait se lancer, mais ses dirigeants ont rencontré à plusieurs reprises des responsables politiques français alors que le marché hexagonal présente des défis réglementaires et fiscaux pour le groupe.

Mi-février, les patrons des trois principaux groupes privés de télévision français, TF1, Canal+ et M6, s’étaient eux aussi alarmés de la concurrence grandissante des géants américains comme Google, Apple ou Netflix sur leur secteur.

Fin janvier, la ministre de la Culture avait prévenu que Netflix, qui pourrait s’installer en France en septembre, devrait “se plier aux régulations” s’il venait s’installer.