Indemnités pour Fessenheim : EDF va engager des discussions avec l’Etat

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éaire de Fessenheim, le 5 septembre 2012 (Photo : Sebastien Bozon)

[04/10/2012 06:48:40] PARIS (AFP) EDF va “engager des discussions” avec l’Etat pour obtenir des indemnités liées à la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim, a affirmé jeudi son PDG Henri Proglio, qui avait prévenu dès mai que le groupe réclamerait des dédommagements en cas d’arrêt de l’exploitation.

“Des discussions vont être engagées avec le gouvernement”, a déclaré M. Proglio sur la radio RTL, alors qu’on lui demandait si EDF réclamait une indemnisation pour la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire du pays.

“Je suis responsable d’une entreprise et par conséquent responsable vis à vis de mes actionnaires et de mes salariés, de défendre les intérêts de l’entreprise. C’est assez légitime, c’est la mission qui est la mienne. Je discuterai avec l’Etat de ces conséquences”, a ajouté le patron d’EDF.

Mi-septembre, le groupe avait affirmé ne pas avoir formulé de demande d’indemnisation au gouvernement, suite à un article du JDD affirmant qu’il réclamait 2 milliards d’euros à l’Etat pour compenser son manque à gagner et les investissements déjà engagés pour prolonger la centrale jusqu’en 2027.

Mais M. Proglio avait déjà prévenu lors de l’assemblée générale d’EDF fin mai que les pouvoirs publics devraient ouvrir des discussions sur des compensations financières avec EDF, mais aussi les groupes allemands et suisses qui cofinancent la centrale, en cas de fermeture anticipée de celle-ci.

Cette centrale atomique, qui compte deux réacteurs de 900 mégawatts, a été construite et est exploitée avec la participation financière de la compagnie d’électricité allemande EnBW à hauteur de 17,5%, et des suisses Alpiq, Axpo et BKW, à hauteur de 15%. Ces partenaires germano-suisses financent l’exploitation de la centrale à hauteur de leur participation (soit 32,5% au total), en échange d’une part équivalente de l’électricité qu’elle produit.

Le président François Hollande, qui a pour objectif de réduire la part du nucléaire dans l’électricité produite, de 75% actuellement à 50% à l’horizon 2025, a confirmé le mois dernier que Fessenheim serait fermée fin 2016, tout en assurant que cela interviendrait “dans des conditions qui garantiront la sécurité des approvisionnements de cette région, la reconversion du site et la préservation de tous les emplois”.