Les patrons des télécoms plaident pour un Internet à plusieurs vitesses

Par : Tallel

Trois géants européens des télécoms se sont associés pour plaider leur cause
devant la Commission européenne. Vivendi, Alcatel-Lucent et Deutsche Telekom ont
présenté à Neelie Kroes 11 propositions pour atteindre les objectifs de l’Union
européenne en matière de déploiement du très haut débit. Parmi ces
recommandations, un Internet à plusieurs vitesses semble la voie privilégiée.



La neutralité du net a pris un nouveau coup de boutoir. Trois géants des
télécoms européens s’en sont encore pris à ce sacro-saint principe mercredi
dernier devant Neelie Kroes, la commissaire en charge de l’agenda numérique
2020.

La semaine dernière, la commissaire européenne a reçu 35 PDG des plus grandes
entreprises liées à Internet concernées par le développement du très haut débit.
Le but de l’Union Européenne est d’atteindre une couverture de 100% des
Européens au haut débit en 2013, au très haut débit en 2020 avec une connexion
de 30 Mbps et 50% des Européens avec un débit supérieur à 100 Mbps.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, l’Union Européenne devrait dépenser 9
milliards d’euros dans les infrastructures.

Parmi ces chefs d’entreprises, trois se sont associés pour faire des
recommandations. Vivendi, Alcatel-Lucent et Deutsche Telekom ont fait 11
propositions pour atteindre les objectifs européens.

Pour eux, il est clair que le principe de la neutralité du net est incompatible
avec les objectifs de l’Europe et que la différenciation du trafic est
inéluctable. «Un modèle basé uniquement sur le prix ne pourra en aucun cas
renforcer la compétitivité. Nous voulons un marché juste, où tous ceux qui
travaillent dans le secteur de l’Internet (ou autour) auront la certitude que
celui-ci aura un développement pérenne. C’est ce que nous appelons un “Internet
à la carte” », a déclaré Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de
Vivendi.

En d’autres termes, les opérateurs souhaitent donner la priorité à certains
contenus et faire payer la connexion en fonction des usages.

Google va mettre la main au portefeuille


Autre proposition : «Les modèles économiques peuvent être bifaces, basés sur des
accords commerciaux qui respectent les principes d’ouverture et de
non-discrimination anticoncurrentielle». Avec cette recommandation, des acteurs
comme Google, notamment avec Youtube (très gros consommateur de bande passante)
devront payer pour ne pas subir de ralentissement et financer ainsi le
déploiement des infrastructures réseaux. Enfin, soucieux de préserver la
compétitivité de l’Europe, le patron de Vivendi se dit favorable à des fusions
au sein du Vieux Continent afin de bénéficier des effets d’économie d’échelle et
demande le soutien de l’Europe.

Si à la fin de la séance, Jean-Bernard Lévy s’est félicité du degré de consensus
notamment sur le fait que les « opérateurs historiques ont accepté la promotion
du co-investissement et les alternatifs n’ont pas demandé le dégroupage de la
fibre », Neelie Kroes est plus prudente.

Elle rappelle que «cette catharsis parfois douloureuse n’a pas débouché sur un
consensus sur les principes présentés par les coordinateurs». D’ailleurs, sur
son blog, la commissaire européenne, rappelle que tout ce qui doit être fait
doit l’être en respectant les règles de la concurrence et qu’elle est convaincue
que l’on doit maintenir un Internet robuste et continuer les efforts pour
préserver un accès pour tous, tout en faisant émerger de nouveaux modèles
économiques.


http://www.degroupnews.com/actualite/n6590-internet-neutralite-europe-deploiement-tres_haut_debit.html

Source : La Tribune