TEDx Carthage, la potentialité de la communauté Internet tunisienne éclot

tedx-2509-1.jpgLa Cité des Sciences de Tunis a accueilli, samedi 25 septembre 2010, une première d’un évènement peu commun : la déclinaison d’une manifestation née en Californie qui vise, de façon globale, à mettre en avant la convergence de la technologie, du divertissement et de la ‘création’ (Technology, Entertainment, Design pour TED), et de façon plus concrète à véhiculer les idées qui méritent de l’être, en offrant la possibilité de parler aux intervenants les plus intéressants. Lancée de façon désintéressée, cette initiative menée et suivie par la communauté Internet sous la ‘direction’ de Houssem Aoudi, était mue par l’envie d’impulser un TEDx à l’échelle tunisienne. Pour cette first one, le thème des success-stories a été choisi par cette équipe afin de faire passer le message aux Tunisiens, surtout jeunes, que la réussite est à portée de main de chacun : il faut juste «se bouger et arrêter avec ses présupposés sans espoir (‘pas d’avenir’, ‘faut du piston’…)». Effectivement, avec cette seule bonne idée, il a réuni en quelques mois la somme nécessaire sous forme de dons pour organiser le 1er TEDx tunisien.

Ce 25 septembre 2010, un public nombreux a rempli les salles dédiées à ce Tedx Carthage, et à sa projection en temps réel, pour assister aux 9 interventions success-storiennes et aux 3 artistiques. Ce pêle-mêle de parcours partagés, hétéroclite, nous a délivré en une journée différents messages, plus ou moins pertinents, selon le profil de chaque spectateur.

Personnel

Une moitié, petite, de ces talk, devait être entendue sous un angle personnel. Ces speakers ont évoqué, en vrac : la paix intérieure, la nécessaire prise de conscience de la mise sous pression –via les procédés de dessalement notamment- de la mer Méditerranée (eh oui les geeks s’en préoccupent)… A exploiter la prestation identitaire de Slim Amamou : l’anonymat (anonymous) est une identité commune à tous depuis toujours, qui va à contresens de la tendance actuelle à la traçabilité (des produits, mais aussi des humains via leur identité, numérique notamment), et celle d’un médecin en santé globale pour qui la vie est un choix de chaque instant, appuyé par le témoignage d’un jeune thésard d’Oxford, Tarek Cheniti.

Partage d’expérience

D’un point de vue partage d’expérience, Nébil Karoui a expliqué le comment de l’idée de Nessma et a vanté ce facilitateur de l’identité maghrébine. Essma Ben Hamida, co-fondatrice et directrice d’Enda inter-arabe, institution autonome de micro-financement, a éclairé son parcours sous l’angle de l’intervention ‘locale’ et de l’importance d’agir contre l’oppression (économique, culturelle, etc.) des femmes : 130.000 clients actifs, 60 agences, 750 employés, passée de 25.000 DT de crédit en 95 à 400 millions en 2009, avec 99% de taux de remboursement. Témoignage et reportage sur Enda en Tunisie ont conquis l’auditoire.

Business

tedx-2509-2.jpgSous un angle plus business, cette session Tedx Carthage a ouvert deux pistes de réflexion pour une meilleure employabilité en Tunisie. Ainsi, le président de Vermeg Group, Badreddine Ouali, est revenu sur l’histoire économique tunisienne pour prôner «l’invention d’une nouvelle économie» pour employer les 120.000 nouveaux demandeurs d’emploi tunisiens diplômés du supérieur chaque année. Il a partagé son envie de voir les jeunes s’atteler à faire évoluer les paradigmes fondamentaux des métiers (le médecin, le professeur ou autre, n’a pas beaucoup évolué dans sa ‘façon’ de travailler) vers de nouvelles pratiques : la Tunisie étant l’égale des USA ou de l’Europe dans ce challenge créatif.

La dernière intervention, Cyril Rimbaud, explorait de nouveaux territoires : les territoires digitaux, comprenez se rapportant à une utilisation numérique. Pour synthétiser et expliciter cette notion récente, disons que ces nouvelles contrées, virtuelles, sont pourtant bien réelles puisque le département d’Etat américain à la défense va consacrer 35 milliards de dollars à leur consolidation. Les frontières de ces multitudes de territoires digitaux sont linguistiques, culturelles, ou dessinées par des interfaces spécifiques. La maîtrise de ces nouveaux mondes fait appel à de nouvelles compétences/métiers, donnant une nouvelle place aux sciences humaines dans la compréhension de cette vie numérique.

Ce Français, spécialiste de ces territoires digitaux, donnera un mot de la fin plein d’espoir dans «cette époque merveilleuse, et ces territoires infinis qui offrent de la place pour tout le monde». De quoi impulser la mise en place d’un nouveau TEDx tunisien !

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