Le Japon 2ème fournisseur d’aide au développement en Tunisie

Fruit d’un partenariat fructueux tuniso-japonais, l’imposant
pont haubanais Radès – La Goulette, récemment inauguré pour le grand bonheur des
Tunisois, a levé le voile sur l’ampleur d’une coopération diversifiée et
d’excellente facture entre Tunis et Tokyo.

Deuxième fournisseur d’aide au développement à la Tunisie
après la France, le Japon a cofinancé, depuis 1977 – à des taux d’intérêt
préférentiels (2% en moyenne) par l’intermédiaire de son bras financier et
technique, l’Agence Japonaise de coopération internationale (JICA, organisme
unique d’exécution de l’aide du gouvernement japonais)- plus de 35 projets
structurants pour un total de 3 milliards de dinars.

Au nombre de ces projets figurent la construction de la centrale électrique
Radés II, l’alimentation en eau potable de zones rurales et aménagement de
périmètres irrigués au nord de Tunis, la protection des villes contre les crues
des oueds, la gestion intégrée des forêts, la construction du tronçon
autoroutier El Jem-Sfax, l’électrification de la ligne ferroviaire Tunis-Borj
Cedria, le pôle technologique de Borj Cédria (réalisation d’instituts supérieurs
dans les domaines de la recherche technologique, de l’informatique et de la
communication au sein de cette ville-université) et l’équipement de la nouvelle
maison de télévision).

Au-delà de ces projets, la nouvelle JICA, fusion de l’ex JICA et de l’ex-JBIC
depuis octobre 2008, apporte une assistance technique précieuse à certains
secteurs de grande priorité pour le développement intégral et durable de la
Tunisie.

La JICA intervient pour réduire les disparités régionales. Concrètement, par
le biais de prêts en yens, la JICA cofinance des projets d’approvisionnement en
eau potable (pose de canalisations souterraines et à ciel ouvert, sondages,
utilisation économique et stable de l’eau d’irrigation dans les oasis),
d’électrification rurale à travers la génération d’électricité photovoltaïque)
et de développement agricole (fourniture d’équipements d’irrigation,
construction de barrages collinaires). Pour ne citer qu’un taux, le Japon a
contribué à 5% de l’ensemble des projets d’adduction d’eau potable en Tunisie.

Trois programmes se distinguent par leur qualité développementale et leur
impact sur des communautés rurales.

Le premier concerne la protection des forêts. Il s’agit de lutter contre
l’érosion du sol, d’aménager des sentiers forestiers, de développer
l’infrastructure de surveillance des forêts et surtout d’améliorer le quotidien
des montagnards à travers des travaux et des activités de petite échelle :
aménagement de fontaines d’eau, distribution de plants fruitiers et aménagement
de superficies de pâturage.

Le second consiste à soutenir les efforts en matière de protection des
ressources de la mer, à travers le projet de coopération technique mis en œuvre
dans le golfe de Gabès. Objectif : sensibiliser les marins pêcheurs à pêcher
rationnellement et à garantir la régénération dans de bonnes conditions des
richesses halieutiques du golfe.

Le troisième programme «un village un produit» a été introduit en 2004, à
l’occasion de la visite en Tunisie de Hiramatsu, initiateur de ce programme et
gouverneur d’Oita. Ce programme, initié auparavant pour la promotion d’une
région au Japon a été introduit par des volontaires japonais dans les régions de
Médenine, Tataouine et Tozeur, qui ont apporté leur soutien aux artisans locaux
en leur fournissant informations et savoir-faire.

Les activités, menées jusqu’à présent dans le cadre de ce programme, ont
favorisé l’émergence de nouveaux produits porteurs propres à être commercialisés
de manière durable. Parmi les techniques transférées aux artisans tunisiens, le
processus de fabrication de briques sans cuisson. Ce processus ne produit pas de
gaz CO2 et ne nuit pas à l’environnement. L’ultime objectif est de faire en
sorte que ce produit soit utilisé dans le futur en tant que matériau de
construction.