Spleen boursier et déprime économique ?

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marchés sont totalement déboussolés. Les voilà qui adressent un pied de nez,
déconcertant, aux Etats les plus puissants de la planète. Ce lundi 27 le
yen, au mieux de sa forme contre euro et dollar US, par contre coup, envoie
la Bourse de Tokyo, première à entamer la semaine, au tatami. Le Nikkei se
déleste de 10,26%. Tokyo impacte dans son sillage les places de Séoul (11,32%),
Hong Kong et Singapour. Dans la foulée, elles entrainent les places
européennes. Avec quelques heures de décalage et le même jour Paris lâche
3,26 %. Puis ce sera au tour de Londres de céder 5 ,12%. Et, francfort fait
aussi mal avec 4,28%. L’ennui est que le jeudi de la semaine passée l’Europe
qui a convenu de serrer les coudes, rallie les pays asiatiques à sa
résolution de faire face à la crise. Les Etats à temps et de concert,
engagent leurs « mises » pour réhabiliter la liquidité bancaire empêchant
l’effondrement du système bancaire et financier. La caution des Etats,
acquise au prix de déficits en expansion, devait ramener la confiance.
Visiblement rien n’y fait. On ne sait pour quelles raisons, les marchés font
le dos rond. Pourquoi les marchés continuent-ils à ferrailler contre la
résolution souveraine des Etats à juguler la crise ? Comme toujours en
pareille circonstance, il y a des fantaisistes qui tentent toutes sortes
d’explication. Le calendrier veut que 1939 puis, plus proche de nous encore,
1997 toutes ces crises ont connu leur paroxysme en Octobre. Le changement de
saison et l’automne seraient propices au spleen boursier. Crise
d’originalité ! passons.

Le mystère de la métastase boursière.

Les marchés en série refusent d’obtempérer. Les Etats les ont pourtant
débarrassés du risque des faillites bancaires. On sait qu’elles n’auront pas
lieu. Le « credit crunch », cet assèchement du crédit est plus au moins
enrayé. Le FMI est de retour. Il a joué son rôle de prêteur en dernier
recours empêchant un groupe de pays de péricliter tel la Géorgie, le
Pakistan, la Hongrie, l’Islande. La crise financière a été contenue pour
éviter qu’elle aille gangréner l’économie réelle. La récession guette,
cependant. Les marchés font comme si elle était là. Et par masochisme ils
anticipent la dépression. Mais qui peut bien prouver, à ce jour, qu’elle se
produira les marchés travaillent contre eux-mêmes et s’acharnent à ce que
l’oracle s’auto-réalise. Ils en prendront alibi pour embourber le système
dans son ensemble. Ce jeudi 30 octobre paraitront les chiffres de la
croissance trimestrielle aux Etats-Unis ainsi que ceux de l’emploi. On sait
qu’ils sont mauvais. Vendredi 31 seront publiés les chiffres de l’Europe et
de l’Asie ainsi que les résultats des grands groupes. L’horizon est couvert
et les chiffres ne seront pas bons. L’immobilier est dans le rouge.
L’automobile n’en est pas loin. Si à ces dates les marchés s’acharnent à
s’enfoncer dans la mouise, alors il sera difficile de les tirer d’affaires.
Et, le risque est qu’ils précipitent l’ensemble dans une déprime économique
qu’on ne pourra peut-être plus arrêter.

Le rendez vous du 15 novembre.

Les pays du G 7 avec les autres pays émergents ont pris rendez-vous à
Washington pour le 15 novembre afin de réformer le système financier et le
protéger de ses démons. Le risque serait qu’il arrive trop tard. C’est
vraiment une course contre la montre qui s’engage à l’heure actuelle entre
les marchés et les Etats. Que l’on mesure l’ampleur des dégats. Pour le seul
mois d’octobre les capitalisations boursières ont régressé de 25%. Depuis
juillet 2007 Les richesses détruites ont été chiffrées à 34 000 milliards de
dollars dont 25 000 ont été carbonisés en bourse. Et ce ne serait rien en
comparaison de ce qui pourrait se produire si on laisse les marchés noyauter
le sommet du 15 novembre. LA crise serait planétaire. Juste retour en
arrière rappelons-nous comment s’est terminée son ainée celle à qui on aime
la comparer c’est-à-dire la crise de 1929, par la guerre. Alors soyons
vigilants.