Strauss-Kahn (FMI) : “Il faut réglementer les marchés financiers”

 
 
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énéral du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, au Caire le 15 septembre 2008 (Photo : Khaled Desouki)

[27/09/2008 18:02:35] PARIS, 27 sept 2008 (AFP) Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, estime que la crise actuelle appelle un contrôle strict des marchés financiers et que c’est le rôle du FMI de le mettre en place.

“Pour l’instant, on éteint l’incendie. C’est ce qu’il faut faire dans l’immédiat, et c’est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d’arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers”, affirme M. Strauss-Kahn dans un entretien à paraître dans l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

“Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ca va être difficile pour l’Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres” directement frappés par la hausse des matières premières, prévient-il.

“Mais l’économie réelle ne s’effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière”, estime le responsable du FMI.

Il estime toutefois que pour assurer l’avenir de l’économie mondiale, “il faut réformer”. Le plan destiné à sauver le système financier américain est “bienvenu mais il doit être le premier acte d’une action politique internationale”.

“Les politiques injectent de l’argent public pour éviter que tout l’édifice financier s’écroule, parce que c’est la stabilité de nos économies qui en dépend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s’imposera l’idée du puits sans fond, de l’Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides”, explique M. Strauss-Kahn, pour qui “le marché ne se suffit pas à lui-même; le marché ne soigne pas le marché”.

“La question des rémunérations n’est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance”, préconise-t-il.

Et M. Strauss-Kahn estime que c’est le rôle du FMI de mener cette réforme et qu’il “peut le faire”.

“Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial (…) En 1944, ce qui menaçait, c’était l’anarchie monétaire. Aujourd’hui, il faut faire face, en plus, à l’anarchie financière: l’opacité, la cupidité, l’irresponsabilité d’un système qui s’est développé sans rapport avec l’économie réelle… La finance doit être contrôlée”, assure-t-il.

“Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique”, ajoute M. Strauss-Kahn.

“On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l’Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes”, explique-t-il.

“Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l’intérêt général. C’est ce dont le monde a le plus besoin”, assure-t-il.

 27/09/2008 18:02:35 – Â© 2008 AFP