Trichet : la croissance mondiale toujours robuste, mais risque d’inflation

 
 
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Le président de la BCE et porte-parole des dix grandes banques centrales Jean-Claude Trichet, le 19 décembre 2007 à Bruxelles (Photo : John Thys)

[07/01/2008 14:16:53] BALE (AFP) La croissance mondiale continue d’être robuste, notamment grâce aux pays émergents, mais risque d’être handicapée par les tensions inflationnistes, a déclaré lundi le porte-parole des dix grandes Banques centrales mondiales (G-10), Jean-Claude Trichet.

“Au niveau mondial, nous avons la confirmation que la croissance continue à un rythme plutôt robuste, même s’il y a un léger ralentissement”, a affirmé M. Trichet, à l’issue de la réunion bimestrielle du G-10 au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle.

La crise des crédits immobiliers à risques (“subprime”), qui a frappé les pays industrialisés, a épargné les pays émergents, a poursuivi Jean-Claude Trichet, qui est par ailleurs président de la Banque centrale européenne (BCE).

“Les pays émergents ne sont pas touchés (…), ils ont une croissance très impressionnante. Il n’y a pas d’indication d’une influence (sur les pays émergents, ndlr) de la correction des marchés”, a-t-il ajouté.

Pour les pays industrialisés, les conséquences de la crise du “subprime”, notamment son impact sur l’économie réelle, demeurent toujours ouvertes, a estimé M. Trichet.

Il a également pointé du doigt les risques d’inflation qui pèsent sur l’économie mondiale.

“Les risques (d’inflation, ndlr) sont présents”, a-t-il souligné, ajoutant que les prix élevés des matières premières, du pétrole et des produits alimentaires “représentent un risque”.

M. Trichet a également averti des “effets de second tour” que fait peser l’inflation sur le reste de l’économie, notamment via des hausses de salaires. “Il ne doit pas y avoir de complaisance face à l’inflation et la correction des marchés”, a-t-il ajouté.

Le rebond de l’inflation aux Etats-Unis (3,5% sur un an en octobre) et dans la zone euro (3,1% en décembre, inchangé comparé au mois précédent), ainsi que les tensions engendrées par la crise du “subprime” laissent peu de marge de manoeuvre aux banques centrales pour donner de l’air à leurs économies.

Le patron de la BCE avait pourtant affirmé samedi qu’il était prêt à intervenir pour contrer l’inflation, alors que le conseil des gouverneurs de la BCE doit se réunir jeudi pour décider d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt en zone euro.

Lors de sa dernière réunion en décembre, l’institut d’émission européen avait laissé son principal taux directeur inchangé à 4%.

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait abaissé en décembre son taux directeur d’un quart de point pour le ramener à 4,25%.

Face à la persistance de la crise hypothécaire et son impact sur la croissance économique, certains membres de la Fed prônent des baisses “importantes” des taux en cas de nouvelle détérioration de la conjoncture.

Pour continuer de lutter contre les effets de la crise hypothécaire, les banques centrales vont rester “en contact étroit” pour éventuellement décider d’une nouvelle injection concertée de liquidités, a par ailleurs indiqué M. Trichet.

“Nous continuons d’être en contact très étroit avec les banques centrales qui ont été impliquées” dans cette action, a-t-il précisé.

Face aux tensions engendrées sur les marchés monétaires par la crise du subprime, cinq grandes banques centrales avaient procédé courant décembre à une injection concertée de liquidités d’un total de 80 milliards de dollars.

 07/01/2008 14:16:53 – © 2008 AFP