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Vue à bord d’un avion d’Alitalia reliant Milan à Rome, le 6 décembre 2007 (Photo : damien meyer)

[12/12/2007 14:47:27] ROME (AFP) La compagnie aérienne Alitalia s’apprête à vivre des heures cruciales avec une réunion du gouvernement italien mercredi soir qui devra choisir un repreneur, Air One ou Air France-KLM, l’italien bénéficiant d’un plus grand soutien dans le pays que le numéro un mondial.

“Aujourd’hui, nous examinerons les offres présentées et nous déciderons”, a déclaré le ministre des Transports Alessandro Bianchi, sur Radio 24.

“Un grand pays comme le nôtre doit avoir une compagnie de référence”, a-t-il ajouté alors que la compagnie italienne est au bord de la faillite, perdant un million d’euros par jour.

Le patron d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, présent en Italie pour faire la promotion de son offre, a assuré n’avoir aucunement l’intention de faire d’Alitalia “une compagnie régionale”, en réponse aux inquiétudes des milieux économiques et politiques du nord du pays.

“Air France-KLM veut créer les conditions pour une intégration qui permette la naissance d’un leader sur le continent” européen, a-t-il fait valoir dans une interview mercredi au quotidien Il Sole-24 Ore.

Interrogé sur la question très sensible des suppressions d’emplois, il a fait référence à “celles prévues par le plan” du patron d’Alitalia, Maurizio Prato, qui ne sont pas officiellement connues.

Celles-ci seraient de l’ordre de 2.000 dans le seul secteur aérien sur un effectif de 11.259 personnes, tandis qu’Alitalia Servizi (8.300 personnes), qui regroupe la maintenance, serait probablement abandonnée à son sort, selon la presse italienne.

Le patron d’Alitalia a exprimé sa préférence pour une reprise par Air France-KLM dont le projet de sauvetage est proche du sien, avec une concentration de l’activité de la compagnie sur l’aéroport de Rome-Fiumicino, au détriment de Milan-Malpensa.

Cette perspective a en revanche suscité une levée de boucliers dans le nord de l’Italie, le poumon économique du pays, de la part des politiques, des syndicats comme du patronat qui préfèrent nettement l’offre d’Air One à celle du Franco-Néerlandais.

La proposition du numéro deux du transport aérien italien a l’avantage à leurs yeux de maintenir les deux aéroports de Rome-Fiumicino et Milan-Malpensa, comme plates-formes de transit entre vols intérieurs et destinations internationales.

Air One qui prévoit un investissement de 4 milliards d’euros sur 2008-2012 a programmé 2.300 suppressions d’emplois, à la fois dans les secteurs aérien et la maintenance.

Le gouvernement est lui-même divisé sur le choix d’un sauveteur. Si Romano Prodi serait favorable à Air France-KLM, selon la presse, plusieurs ministres ont en revanche exprimé leur préférence pour “une solution à l’italienne”.

Celle-ci est aussi soutenue par les trois principales confédérations – CGIL, CISL et UIL -, un élément que le gouvernement de centre-gauche ne saurait négliger.

Il communiquera sa décision au conseil d’administration d’Alitalia qui se réunit jeudi soir. Le risque d’une crise avec la direction d’Alitalia, si son choix devait se porter sur Air One, n’est pas à exclure.

“Prato, qui a ramené Air France-KLM à la table des négociations (…) et qui n’a jamais caché qu’il n’accepterait pas d’autre offre (…) pourrait démissionner et avec lui, l’ensemble du conseil d’administration”, soulignait Il Sole-24 Ore.

 12/12/2007 14:47:27 – © 2007 AFP