Sécurisation des salariés : la négociation avance, des dissensions patronales

 
 
[07/12/2007 18:23:40] PARIS (AFP)

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La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, le 23 novembre 2007 à Grenoble (Photo : Jean-Pierre Clatot)

La négociation sur la réforme du marché du travail, où semblent se faire jour des dissensions patronales, a marqué vendredi des “avancées”, mais encore insuffisantes aux yeux des syndicats, qui espèrent pouvoir déborder sur janvier si nécessaire pour aboutir à un accord.

Au terme d’une 12e séance de discussions, qui a duré la journée au siège du Medef à Paris, les syndicats, sauf la CFE-CGC, ont salué des “avancées”, même “floues”, sur la sécurisation des salariés en cas de changement ou de rupture dans leur carrière.

Le patronat espère pour sa part allonger la période d’essai du CDI et en faciliter les possibilités de rupture.

Sous pression du gouvernement et de l’Elysée, les partenaires sociaux insistent tous sur leur volonté d’aboutir et dédramatisent l’éventualité de déborder sur le mois de janvier, alors que la dernière séance programmée pour l’instant est le 21 décembre.

La négociation est compliquée par des désaccords au sein des organisations patronales (Medef, CGPME, UPA), notamment sur la possibilité qui serait offerte au salarié d’emporter son quota d’heures de formation continue d’une entreprise à l’autre.

“Les débats internes au patronat participent à la complexité de la négociation”, a commenté Marcel Grignard (CFDT).

La chef de file de la délégation patronale, Cathy Kopp (Medef), a reconnu que “chacun avait son style”. “Je suis là pour qu’on trouve tous un équilibre”, a-t-elle dit. Pour Patrick Liébus (UPA, artisans), “il est normal d’avoir des discussions”.

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Raymond Soubie le 2 juillet 2007 à Paris (Photo : Patrick Kovarik )

Sur le fond, Mme Kopp a estimé que le patronat avait fait “une avancée historique” en proposant qu’un salarié garde aux mêmes conditions sa couverture santé/prévoyance (mutuelles, complémentaires retraite) “six mois” après la fin de son contrat de travail.

En matière de formation, elle a précisé que le patronat “étudiait” la manière dont un salarié pourrait conserver son droit individuel à la formation (DIF), alors que certains employeurs craignent de nouvelles dépenses.

Les syndicats ont tous souligné avoir fait de nombreuses propositions, se félicitant que certaines commencent à être reprises comme l’accès à la formation pour les temps partiel ou comme un relevé régulier des compétences du salarié.

Le patronat avance “pour la première fois” sur le DIF, a salué Stéphane Lardy (FO), selon lequel les employeurs ont tort d’avoir “peur” car cela ne coûtera pas plus cher.

Maryse Dumas (CGT) s’est félicitée que le patronat “affirme que tout salarié devrait pouvoir progresser d’au moins un niveau de qualification dans sa carrière” et trouvé “intéressante” l’idée d’une “période d’expérimentation mobilité” permettant à un salarié de revenir dans son entreprise si son nouvel emploi ne lui convient pas.

Mais “la seule question est de savoir si le patronat s’entête sur des positions dogmatiques”, a déclaré Mme Dumas, demandant que disparaissent “les points durs que sont la rupture amiable du CDI et le CDI de projet”.

A la CFDT, “on n’attend pas que ça disparaisse car on sait qu’il n’y aura pas d’accord qui ne ferait que reprendre des revendications syndicales pures et dures”, selon M. Grignard.

Gabrielle Simon (CFTC) a pointé “des avancées pas assez concrètes”, trouvant que “le compte n’y était pas”. Alain Lecanu (CFE-CGC) s’est dit “mécontent car rien ne bouge sur le contrat de travail”.

La semaine prochaine, la réforme du CDI sera à nouveau au coeur des débats. La CGT et FO notamment espèrent convaincre de l’inutilité de créer un nouveau mode de rupture amiable.

 07/12/2007 18:23:40 – © 2007 AFP