Coopération tuniso-française en matière d’élevage : Programme de développement de la race tarentaise en Tunisie

Par : Tallel


tarentaise1204.jpgSelon
l’Union tunisienne d’agriculture et de la pêche, un programme de
développement de la race tarentaise en Tunisie est en cours d’étude entre la
Tunisie et la France.

Selon Dr Karim Daoud président
du Salon international du machinisme, de l’agriculture et de la pêche –en
même temps président du Groupement tunisien des éleveurs de la race
tarentaise- les agriculteurs (y compris les éleveurs) ont pris conscience du
fait qu’ils ne doivent ou ne peuvent plus continuer à tendre la main à
l’Etat, parce qu’ils ont des capacités intrinsèques à même de leur permettre
de s’en sortir tant bien que mal, et ce à travers une meilleure organisation
des professionnels du secteur.   

Le
projet de
développement de la race tarentaise en Tunisie, qui
s’inscrit
dans l’esprit des orientations stratégiques, c’est-à-dire la structuration
de chaque secteur de l’économie et l’implication plus efficiente des
professionnels’’, constitue une illustration de cet état d’esprit.

Malgré une progression considérable en termes de production et réalisation
de l’objectif d’autosuffisance en matière de lait, la production de viande
bovine demeure, aujourd’hui, comme un sous-produit de l’élevage laitier et
un produit de l’élevage extensif. D’où la raison d’être de la stratégie des
viandes rouges bovines, qui vise :

–         
l’introduction des races
mixtes ;

–         
la spécialisation des
producteurs et des autres professions dans la filière ; 

–         
et la formation et
l’encadrement des opérateurs.

L’élevage de la race tarentaise – appréciée surtout pour son adaptation
alimentaire et climatique-, il est pratiqué depuis fort longtemps, notamment
dans la région du nord-ouest de la Tunisie, par un petit groupe d’éleveurs
qui, au fil des ans, ont réussi à importer trois noyaux d’une centaine de
têtes des génisses tarentaises.

Un
certain nombre de contraintes techniques entravent, aujourd’hui, le
développement de cette race, d’après le Groupement tunisien des éleveurs de
la race tarentaise (le GERT), présidé par Dr Karim DAOUD. Parmi ces
contraintes, figurent :

–         
la substitution de cette
race, depuis les années 70, par celle Holstein dans l’idée de produire plus
de lait ;

–         
une base de sélection
très réduite ;

–         
la régression génétique
des animaux en dehors de circuits de l’insémination à cause de l’utilisation
massive de taureaux non testés ou issus de l’élevage même ceux qui
engendrent des taux de consanguinité assez élevés au sein du cheptel ;

–         
la difficulté
d’acquisition de géniteurs confirmés de race pure même pour la production de
semence ;

–         
la difficulté de
s’approvisionner sur le marché local en génisses de race pure (animaux avec
pedigree) ;

–         
l’absence d’un schéma de
conservation et de sélection de la race ;

–         
la non valorisation du
lait de la de la tarentaise qui présente des qualités très recherchées dans
la fabrication fromagère.

Toutefois, malgré ces contraintes techniques, le GERT ne reste pas bras
croisés et se fixe, à travers ce projet, un certain nombre d’objectifs à
atteindre, notamment :

–         
contribuer au
développement de la production de lait et de viande bovine en Tunisie par
une large diffusion et l’utilisation de la race mixte tarentaise ;

–         
améliorer le revenu des
petites et moyennes exploitations ;

–         
renforcer la
structuration professionnelle des éleveurs tunisiens ;

–         
poursuivre le transfert
du savoir-faire et les technologies innovantes.

Le
projet de développement de la race tarentaise est constitué de 5
composantes, en l’occurrence :

–         
l’élargissement de la
diffusion par insémination artificielle de taureaux tarentais ;

–         
la valorisation du
produit tarentais pour ses qualités d’engraissement et de production
laitière à travers la création d’ateliers spécialisés en engraissement et de
pépinières de génisses de race tarentaise ;

–         
le développement d’une
partie de la base de sélection de la race tarentaise ; 

–         
l’appui au GERT mais
aussi un appui technico-économique aux éleveurs ;

–         
la création d’une ou de
plusieurs pépinières de génisses de race tarentaise en Tunisie.

Il
faudra également mettre en place des moyens humains et matériels, qui se
fera dans le cadre de la coopération entre la France et la Tunisie. C’est ainsi qu’un technicien tunisien sera chargé de la coordination du
projet auprès du GERT. Il aura pour interlocuteur un expert français qui
apportera appui technique et conseils à son homologue du GERT. Deux
experts, l’un tunisien et l’autre français assureront des missions
ponctuelles et/ou de formation programmées, etc.

Le
budget prévisionnel du projet se monte à environ 1,1 million de dinars
tunisiens, qui sera financé presque à part égale par les parties tunisienne
et française, à savoir respectivement 529.000 dinars tunisiens et 571.000
dinars tunisiens. Il servira à l’achat de fournitures, et de services
(marchés), et au fonctionnement.

D’après les auteurs de cette étude, l’impact du projet se situerait à
plusieurs niveaux, et qui se mesurera à l’aune de la qualité de
l’intervention et de l’intensité de l’encadrement réalisé. De ce point vue,
les auteurs estiment que :

–         
le GERT pourrait servir
de modèle en termes de prise en charge du développement au profit et de ses
adhérents ;

–         
une spécialisation es
éleveurs (engraissement et génisses en particuliers) ;

–         
une ouverture sur le
marché de l’Union européenne ;

–         
une contribution à la
production de viande et de lait ;

–         
l’exportation de génisses
tunisiennes ;

–         
et la participation à
l’amélioration du niveau des éleveurs.

En
Tunisie, le nombre des femelles laitières de race est passé de 105.000 à
205.000 têtes entre 1992 et 2005, ce qui représente, respectivement, 29% et
46% de l’effectif. Pour la même période, la production laitière est passée
de 450 millions de litres à 920 millions de litres, couvrant ainsi la
demande nationale en lait.

Quant à la production de viande rouge, elle s’est élevé à près de 107.000
tonnes en 2005 (45% du total des viandes rouges produites) contre 92.000
tonnes en 1994, soit un taux de couverture d’environ 95% de la demande
nationale.

En
clair, la stratégie actuelle vise à asseoir un développement durable du
secteur de l’élevage en veillant à garantir la collecte et la transformation
de toute la production réalisée, à améliorer la qualité des produits tout au
long de la filière et à renforcer la compétitivité afin de faire face aux
exigences de la concurrence internationale tout en assurant la durabilité et
la pérennité du secteur sur le plan intérieur. Pour ce faire, il est
question d’accorder une attention particulière à l’organisation des éleveurs
mais surtout à la professionnalisation du secteur.