L’ODC doit changer de nom !

 
 

consom260107.jpgDans
sa petite chronique quotidienne dans le quotidien Assabah, le journaliste
tunisien Mohamd Guelbi a récemment proposé la suggestion suivante :
l’Organisation de défense du consommateur devrait changer de nom et se
transformer en une école de base de la consommation.  

Sa suggestion, que je partage entièrement, a été motivée par les incessantes
activités «pédagogiques» de notre ODC. En effet, depuis un bon bout de
temps, l’ODC n’a de cesse de nous avertir sur les dangers de tel produit, de
telle marchandise, de tels fruits et de telles légumes. Sa dernière
trouvaille pédagogique en date fut celle de nous avertir sur les dangers de
l’automédication. En fait, l’ODC, au lieu de nous défendre, ne fait que nous
conseiller et nous dire ce que nous devons et nous ne devons pas faire !
Elle continue à nous prendre pour des gamins ayant besoin d’être orientés et
guidés vers le bon chemin !  

Quand je compare notre chère ODC à son homologue française, l’INC, qui édite
l’excellent et magnifique magazine 60 millions de consommateurs, j’ai une
terrible honte ! C’est vrai que l’organisation française conseille (à
travers ce magazine) les citoyens, mais elle le fait avant tout pour faire
pression sur les industriels pour qu’ils cessent d’arnaquer les
consommateurs. Elle le fait pour orienter et éviter que le consommateur ne tombe
dans le panneau des as du marketing et du commerce. Et allez voir combien
l’INC dépose comme plaintes par an, et ce rien que pour défendre
les citoyens désarmés devant les empereurs de l’industrie et les
multinationales.  

La nôtre fait tout l’inverse ! En nous invitant à abandonner
l’automédication, par exemple, elle ne fait que rendre service aux
industries pharmaceutiques et aux médecins. Et ne me dites surtout pas que
leur souci majeur est notre santé car l’automédication est dangereuse ! Je
ne croirai pas cela, bien que, paradoxalement, je sois totalement contre
l’automédication.  

D’ailleurs, cette question de la dangerosité de l’automédication n’est pas
unanimement reconnue. Il y a quelques jours, dans le journal d’une télé
française, on appelait à l’inverse ! Face au déficit de leurs caisses
sociales, ils appelaient à ce que les Français aillent tous seuls à la
pharmacie et soignent tous seuls leurs petits bobos (du style un petit
rhume, de petits maux de tête, etc.) au lieu d’aller courir voir le médecin.
 

Pour étayer leurs propos, ils sont allés faire un tour à Londres où l’on
retrouve des pharmacies ressemblant à des supermarchés dans lesquels les
citoyens vont faire leurs emplettes entre plusieurs médicaments non soumis à
l’obligation de l’ordonnance ! Comme ça en libre service !  

Mais là n’est pas le sujet du jour puisque ce qui m’intéresse le plus c’est de
voir un jour mon ODC me défendre réellement ! Le jour où je verrai l’ODC
publier (en arabe et en français) un magazine avec de vrais comparatifs, de
vrais procès menés contre des mastodontes de l’industrie tunisienne, de
vrais procès menés contre l’administration, contre les
opérateurs téléphoniques, etc. !  

Il faudrait dire à notre chère ODC que ces méthodes pédagogiques où l’on
nous dicte ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire est révolue !
Le Tunisien est adulte, cultivé, mûr et vacciné ! Qu’on cesse de le prendre
pour ce qu’il n’est pas ! Et qu’on ne me dise pas qu’il y a des gens qui
ont besoin encore et toujours de pédagogie (j’en conviens, il suffit de
voir nos automobilistes), mais je rétorque que ce n’est pas le rôle de l’ODC de
faire cela, mais celui des associations et autres ONG.


R.B.H.