Arabie Saoudite: le fabuleux
contrat Miksa sur le point d’échapper à Thales
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Le siège du groupe
d’électronique de défense Thales
Le fabuleux contrat Miksa vient de faire
l’objet d’un appel d’offres international de l’Arabie Saoudite et serait sur
le point d’échapper au groupe français d’électronique et de défense Thales
qui le négociait de gré à gré depuis 12 ans.
Le royaume saoudien a finalement lancé un appel
d’offres international pour ce contrat évalué en 2004 à 7 milliards d’euros,
a révélé vendredi le quotidien économique La Tribune.
Ryad a invité notamment le groupe européen
d’aéronautique et de défense EADS, l’américain Raytheon, le britannique BAE
Systems, l’italien Finmeccanica, ainsi qu’un groupe espagnol et une
entreprise chinoise à participer à la compétition, selon le quotidien.
Seul EADS a confirmé vendredi cet appel
d’offres et sa participation, en assurant être “bien placé”. Thales n’a pas
souhaité communiquer sur ce sujet mais, selon une source proche du dossier,
le groupe français participera aussi.
Le contrat Miksa (Ministry Interior Kingdom
Saudi Arabia) ou SBGDP (Saudi Boarder Guard Developpment Program) prévoit la
fourniture de 225 radars capables de détecter toute intrusion par terre, mer
ou air sur les 5.000 km de frontières de l’Arabie Saoudite, notamment avec
l’Irak et le Yémen.
Il comporte aussi la vente d’un réseau de
télécommunications Acropole (conçu par le ministère de l’Intérieur pour la
police française), d’avions de reconnaissance et d’une vingtaine
d’hélicoptères, et la construction d’un centre opérationnel à Ryad et de 400
postes-frontières, ainsi que de casernes.
L’existence de ce projet, discuté depuis une
vingtaine d’années mais formalisé par écrit en 1994, n’a été rendue publique
qu’en janvier 2004. Il y a deux ans, on le disait déjà “sur le point” d’être
signé, au terme de dix ans de négociations de gré à gré, non seulement entre
Thales et l’Arabie Saoudite, mais également d’Etat à Etat.
Il devait encore en être question en avril
2005, lors de la visite à Paris du prince Abdallah Ben Abdel Aziz, à
l’époque prince régent et aujourd’hui roi.
Le président Jacques Chirac l’avait évoqué au
début du mois de mars lors de sa visite d’Etat en Arabie Saoudite. Aucun
accord n’avait été annoncé.
Le projet de contrat Miksa a aussi eu des
prolongements politiques en France, selon Le Monde qui affirmait en 2004
qu’il avait “opposé” Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy en 2003 lorsque ce
dernier était au ministère de l’Intérieur pour la première fois.
Important client en matière d’armement,
l’Arabie Saoudite est par ailleurs l’objet de nombreuses convoitises,
notamment de la part des constructeurs d’avions de combat.
La France espère toujours vendre son Rafale,
qui n’a encore jamais été acheté à l’étranger. Dassault avait confirmé l’an
dernier l’existence de pourparlers, le quotidien économique Les Echos
faisant à l’époque état d’un projet d’acquisition de 48 Rafale, assorti d’un
lot optionnel de 48 autres appareils, soit au total 6 milliards d’euros.