L’Argentine a le potentiel pour devenir grand exportateur de biocarburants

Par : Autres

 

L’Argentine a le potentiel
pour devenir grand exportateur de biocarburants

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Un ingénieur de
recherche à l’Institut Nationale des Sciences Appliquées (INSA) de
Toulouse, effectue un prélèvement dans un fermenteur qui produit du
biodiesel à partir de céréales le 8 septembre 2005

L’Argentine, puissance agricole qui vient de se
doter d’une loi favorisant le développement des biocarburants, a le
potentiel pour devenir un des principaux exportateurs de biodiesel ou
d’éthanol, selon un expert.

 

“L’Argentine ne doit pas rater le train de
l’histoire alors que tout indique que les biocarburants sont là pour rester
et se développer”, a assuré le directeur exécutif de l’Association argentine
des biocarburants, Claudio Molina.

 

Avec un baril de pétrole à plus de 70 dollars,
l’horizon n’a jamais paru aussi dégagé pour le développement des
biocarburants et plusieurs pays s’y préparent. L’Argentine a ainsi décidé d’emboiter
le pas de l’Union européenne (UE) en votant la semaine dernière une loi
prévoyant à l’horizon 2010 d’incorporer au moins 5% de biocarburants dans
l’essence ou le diesel consommés dans le pays, quand l’Europe s’est fixée un
objectif de 5,75%.

 

L’Argentine aura donc besoin de près d’un
million de m3 de biocarburant en 2010, dont les deux-tiers de biodiesel,
selon M. Molina. Mais surtout, ajoute-t-il, l’Union européenne aura la même
année besoin d’environ 15 millions de tonnes de biocarburant dont elle devra
importer une grande partie.

 

Il y a donc urgence, selon M. Molina, à ce que
l’Argentine se dote des capacités de production de biocarburant et surtout
de biodiesel, obtenu à partir d’huile végétale, comme le soja par exemple,
dont l’Argentine est le troisième producteur mondial. Car pour l’instant,
ses capacités sont extrêmement limitées. Une petite entreprise argentine
Oilfox a ainsi été contrainte de diminuer par 10 la quantité de biodiesel
qu’elle s’est engagée à livrer à l’Allemagne au cours des prochaines années,
faute de capacité de production suffisantes.

 

La situation pourrait néanmoins rapidement
s’améliorer avec l’intérêt croissant porté par les grands fabricants
d’huiles végétales au secteur des biocarburants. L’entreprise argentine
Vicentin, l’une des plus importantes huileries du pays, a entamé la
construction d’une usine, en association avec l’Allemand Lurgi, qui pourra
produire fin 2007 quelque 200.000 tonnes de biocarburant par an à partir
d’huile de soja, dont l’Argentine est déjà le premier exportateur mondial,
selon M. Molina.

 

L’Argentine est aussi l’un des rares pays, avec
le Brésil, à pouvoir encore augmenter significativement l’espace consacrée à
la culture du soja. Le nombre d’hectares consacrés à ce protéagineux a déjà
plus que doublé en 10 ans pour dépasser les 15 millions d’hectares en
2005-2006 contre six millions en 1995-96. Et ce n’est pas fini, font valoir
les experts, tant la progression est continue comme en témoigne par exemple
la hausse de 8% des surfaces consacrées au soja en 2005-2006 par rapport à
la campagne précédente (2004-2005). Le soja, dont les prix ne cessent de
monter pour un coût relativement faible à la production, n’a pas fini de
s’étendre dans l’immense pampa argentine, mais au détriment, disent ses
détracteurs, des autres cultures, de l’élevage et surtout en appauvrissant
considérablement les terres au risque de les épuiser durablement.

 

 

 

© AFP 2006

Photo : Eric Cabanis