
Une dérive financière qui s’installe
L’exercice 2024 vient confirmer les craintes des analystes les plus réservés. Avec une perte nette dépassant les 69 millions de dinars, El Fouladh ne subit pas seulement une mauvaise conjoncture, mais semble prisonnière d’une trajectoire déficitaire structurelle. L’absence de redressement des marges opérationnelles place l’industriel dans une position d’inertie préoccupante.
Le signal d’alarme des capitaux propres
Au-delà du déficit annuel, c’est la structure même du bilan qui vacille. À la clôture de l’année 2024, les capitaux propres de l’entreprise ont franchi le seuil critique, tombant sous la moitié du capital social. Si le droit des sociétés impose une réflexion sur la dissolution dans de tels cas, les actionnaires ont tranché pour la continuité de l’exploitation. Un choix qui relève davantage de la raison d’État que de la performance financière.
Une gouvernance sous tutelle institutionnelle
La présence massive du Ministère des Finances et de la Banque Centrale au sein du conseil d’administration rappelle qu’El Fouladh n’est pas une entité classique, mais un levier de souveraineté industrielle. Pourtant, ce bouclier étatique masque une absence de plan de restructuration lisible. Sans modernisation de l’outil de production ou stratégie de réduction des coûts, le titre reste un pari politique risqué pour les investisseurs, suspendu à une éventuelle recapitalisation publique.
EN BREF
- Perte nette 2024 : Plus de 69 millions de dinars enregistrés.
- Alerte juridique : Capitaux propres inférieurs à 50 % du capital social.
- Continuité confirmée : Décision actée de poursuivre l’activité malgré l’érosion financière.
- Omniprésence de l’État : Un pilotage institutionnel (Ministère des Finances, BCT).
- Absence de visibilité : Aucun plan de restructuration détaillé n’a été présenté.


