Infographie montrant la répartition du budget de l'État français 2026 avec une flèche ascendante pour la Défense et une flèche descendante pour le déficit public Entre une dette record et une pression européenne accrue, le gouvernement vient de graver dans le marbre un budget 2026 placé sous le signe de l’austérité. Entre hausse de la fiscalité du capital et sanctuarisation de la Défense, Paris tente une acrobatie financière sans filet pour ramener le déficit à 4,7%.

L’ère du “quoi qu’il en coûte” est officiellement enterrée. Avec des besoins de financement vertigineux s’élevant à 305,7 milliards d’euros, la Loi de finances pour 2026 (LFI 2026), promulguée le 19 février après un ultime recours à l’article 49.3, marque un tournant brutal. L’objectif est clair : donner des gages de crédibilité à une zone euro impatiente, tout en évitant le décrochage des marchés financiers.

La fiscalité du capital dans le viseur

Le choix politique est audacieux mais risqué. En portant la CSG sur les revenus du capital de 9,2% à 10,6%, le gouvernement Lecornu prend le risque de freiner l’investissement privé au moment même où la dépense publique se tarit. Cette pression fiscale, couplée à la prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, dessine une trajectoire de “rigueur sélective” qui ne dit pas son nom.

“Économie de guerre” vs Pouvoir d’achat

Le contraste budgétaire est saisissant. Tandis que la quasi-totalité des ministères subit une cure d’amaigrissement, la Défense bénéficie d’une rallonge historique de 6,5 milliards d’euros.

Parallèlement, une mesure inédite cible la consommation : la création d’une taxe de 2 € sur les “petits colis” importés hors-UE. Si l’exécutif invoque la protection du commerce de proximité et la lutte contre la fast-fashion, cette taxe pourrait peser sur le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, dans un contexte de croissance fragile (estimée à +1,1% par Bercy).

Le spectre de la dette

Le chiffre le plus alarmant de ce budget reste celui de la charge de la dette : 59,3 milliards d’euros. Pour la première fois, la France consacre davantage de ressources au remboursement de ses intérêts qu’à son Éducation nationale. Dans un environnement de taux volatils, la signature de la France est sous surveillance rapprochée. Ce budget 2026 n’est plus un outil de relance, mais un véritable bouclier de survie financière.

EN BREF

  • Déficit cible : Fixé à 4,7% du PIB pour 2026 contre 5,4% en 2025.
  • Financement : Un besoin record de 305,7 Md€ sur les marchés.
  • Fiscalité : Hausse de la CSG capital à 10,6% et indexation du barème IR de 0,9%.
  • E-commerce : Taxe de 2 € par article sur les colis hors-UE (<150 €) dès le 1er mars.
  • Priorité Défense : Seul budget en hausse majeure avec +6,5 Md€.