En direct d’Abidjan – Côte d’ivoire : La Tunisie à BATIVOIRE

Alors que toute la presse ivoirienne ne parlait que de la signature du contrat de cession des parts de l’Etat dans l’actionnariat de la Société ivoirienne de banque (SIB) au Groupe Attijariwafa Bank pour un montant de 33 milliards FCFA, s’ouvrait le Salon du bâtiment et des métiers de la construction à Abidjan “BATIVOIRE“, organisé par AZ.COM et le CEPEX.

La cérémonie d’ouverture de la 3e édition de cette manifestation a été l’occasion pour le secrétaire d’État tunisien, Anis Ghedira, et le ministre ivoirien de la Construction, du Logement, Mamadou Sanogo, de rencontrer la trentaine d’opérateurs présents sur le Salon.

Le principal objectif de cette manifestation est de faire connaître l’offre tunisienne et de permettre aux entreprises tunisiennes d’établir des contacts d’affaires et des opportunités de partenariats avec les pays africains.

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Le hall de la Caistab à Abidjan-Plateau est en effervescence. Le Salon BATIVOIRE est en train d’être inauguré par le ministre ivoirien de la Construction qui fait le tour des exposants, ne manquant pas de féliciter les uns, de solliciter les autres et de poser des questions techniques et pointues sur le savoir-faire tunisien en matière de construction.

Si dans les couloirs personne ne conteste l’Ecole tunisienne en la matière, il n’en reste pas moins vrai que c’est le Maroc qui se taille la part belle et rafle la mise dans de nombreux projets de reconstruction de la Côte d’Ivoire dont les projets d’aménagement du carrefour de l’Indénié, de dépollution et de mise en valeur des baies et berges lagunaires d’Abidjan et du Grand-Bassam.

Pourtant, sur le Salon, le ministre ivoirien annonce que son pays ne fait pas de favoritisme et qu’il «ne privilégie pas un pays au détriment d’un autre», qu’il suffit de déclarer sa volonté pour étudier les possibilités de collaboration entre les deux pays et de répondre à la volonté de certains opérateurs tunisiens d’accéder à des surfaces foncières.

Tout le Salon durant, Mamadou Sanogo n’a de cesse de répéter qu’il y a «beaucoup de projets qui sont en vue notamment dans le domaine de l’hôtellerie. Nous avons misé durant ces 4 dernières années dans le soft, là les choses vont s’accélérer et aller plus vite. Il y a beaucoup de place à prendre».

Dans les couloirs, les opérateurs tunisiens lorgnent sur les opportunités et se présentent avec beaucoup d’espoir mais quelques fois peu de pragmatisme. Et d’audace. Ils avouent être là pour sonder le marché, comprendre ses tendances et saisir comment ça marche. Tous ont en tête que la Côte d’Ivoire a un déficit de 400.000 logements toutes catégories confondues qu’il résorbe à hauteur de 20.000 logements par an depuis 2011.

bativore-participation-tunisienne-wmc-02.jpgAu terme de la visite, le ministre ivoirien se dit confiant quant aux perspectives de coopération entre les deux Etats. «Pour nous, les perspectives de la coopération iront de mieux en mieux. La Tunisie est un pays frère africain qui a des liens historiques avec notre pays. Nous pensons que tout est fait pour que cette coopération se développe sur tous les plans aussi bien diplomatique, social, culturel et surtout que celui des affaires».

Il exprime même le souhait de voir le volume d’affaires entre les deux pays –actuellement de 50 millions d’euros- passer à 500 millions d’euros très rapidement. Et pourquoi pas le milliard d’euros d’affaires que l’on peut atteindre à travers tous les secteurs.

Le bâtiment est un secteur qui brasse beaucoup d’argent et la Tunisie a de l’expérience en la matière. La Tunisie a prouvé son expertise notamment dans le bâtiment touristique, alors je dis: «venez investir massivement en Côte d’Ivoire. Nous avons levé la double imposition entre les deux pays».

En parfait VRP de son pays, le ministre a invité les Tunisiens à investir massivement en Côte d’Ivoire qui, selon lui, est le pays qui a le code d’investissement le «plus attractif» en Afrique de l’Ouest, et a parlé de hub, de carré fou qui peut atteindre et ouvrir les portes à toute la sous-région.

Anis Ghedira, secrétaire d’Etat tunisien chargé de l’Habitat, a estimé que ce Salon est une occasion d’échanger les expériences entre les professionnels ivoiriens et tunisiens mais qu’en dehors du bâtiment, la Tunisie compte partager son expertise dans les domaines de la santé, l’éducation et le tourisme.