Pirelli pourrait passer sous le contrôle d’un actionnaire chinois

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à Melbourne le 26 avril 2011 (Photo : Daniel Munoz)

[20/03/2015 14:55:26] Milan (AFP) Le fabricant italien de pneus Pirelli, célèbre pour ses pneus de Formule 1 et ses calendriers à pins ups, pourrait passer sous le contrôle d’un groupe chinois, une perspective qui séduisait les investisseurs vendredi.

Interpellée par l’autorité boursière italienne Consob à la suite de fuites dans la presse jeudi, la holding italienne Camfin, principal actionnaire de Pirelli, a confirmé vendredi matin être “en négociations avec un partenaire industriel” en vue de son entrée au capital.

Mais “à ce stade, aucun accord n’a été atteint”, a toutefois précisé Camfin, qui ne révèle pas l’identité de ce partenaire potentiel.

Selon le quotidien Corriere della Sera, il s’agirait du groupe chinois China Chemical Corporation (Chemchina), présenté comme un “colosse public de 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires”. Ses représentants n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

La holding Camfin, qui détient 26,2% de Pirelli, est elle-même détenue à moitié par le géant pétrolier russe Rosneft et pour le reste par Nuove Partecipazioni (société de l’homme d’affaires Marco Tronchetti Provera) et de manière minoritaire par les banques italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo.

L’opération, très complexe, prévoirait “un transfert de toute la part de Camfin à un prix de 15 euros par titre dans une nouvelle société italienne contrôlée par le partenaire industriel, avec un ré-investissement simultané de Camfin dans celle-ci”, selon Camfin.

A terme, la nouvelle société lancerait une opération publique d’achat (OPA) sur “l’ensemble des actions du groupe Pirelli”, coté depuis 1922 à la Bourse de Milan, dont il serait par conséquent retiré.

Camfin a précisé en milieu de journée que cette OPA se ferait elle aussi “au même prix de 15 euros par titre”. Un seuil d’ores et déjà dépassé: à 13H50 GMT, Pirelli gagnait 4,56% à 15,58 euros, dans un marché en hausse de 0,83%. Sa capitalisation boursière dépassait les 7 milliards d’euros.

La transaction envisagée vise à “garantir la stabilité, l’autonomie et la continuité dans le parcours de croissance dans la durée du groupe Pirelli”, dont le siège “resterait en Italie”, a assuré Camfin.

Les autres actuels principaux actionnaires directs de Pirelli sont Malacalza Investimenti (7%), la famille Benetton (4,6%) et Mediobanca (4,1%).

– Adieu puis retour en Bourse –

M. Tronchetti, actuellement PDG de Pirelli et grande figure du capitalisme italien, devrait conserver ses fonctions, selon le Corriere, qui note qu’il s’agirait là pour Pirelli du 4e bouleversement de son actionnariat en un peu plus de 5 ans. Le dernier, qui remonte à l’année dernière, avait vu l’arrivée indirecte au capital de Rosneft.

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é de Pirelli prépare des pneus avant le Grand Prix de formule 1 de Belgique à Spa le 22 août 2014 (Photo : Ben Stansall)

Selon le Corriere della Sera, l’adieu à la Bourse de Milan pourrait toutefois ne pas être définitif. Pirelli envisage en effet de procéder à une séparation de sa division pneus pour véhicules industriels, qui serait intégrée à Aeolus, la branche spécialisée de ChemChina.

Un “nouveau” Pirelli, recentré sur le secteur plus lucratif des pneus haut de gamme, pourrait ensuite revenir sur le marché financier de Milan au bout d’une période de cinq ans.

Née en 1872 à Milan, Pirelli a commencé par fabriquer des pneus pour vélo avant de s’engager dans le secteur automobile naissant.

En 2014, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros en 2014 et dégagé un résultat opérationnel courant de 838 millions d’euros (+6,8%).

Présent depuis un siècle dans le monde de la compétition automobile, Pirelli s’est aussi fait connaître par ses calendriers de charme, apparus en 1964. Réalisés par des photographes de renom avec de célèbres modèles souvent en petite tenue, ils sont tirés à quelques milliers d’exemplaires et très recherchés par les collectionneurs.